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OS : Blood Riot

Summary:

Dans un monde où Blood Riot, vilain solitaire et brutal, fait régner sa propre justice, rien ne semble pouvoir l'arrêter... jusqu'au jour où il découvre Dynamight à la télévision. Fasciné par sa rage et sa puissance, il en tombe éperdument amoureux. Obsédé, il devient son ombre, son gardien silencieux.

Work Text:

 


Tokyo – The Ash Hole – Bar Clandestin, 02h53

L'odeur d'alcool bon marché, de sueur et de sang séché stagnait dans l'air, se mêlant à la chaleur ambiante en un mélange nauséabond, épais et familier. Les néons rouges clignotaient par à-coups, jetant des éclats sanglants sur les visages creusés de la clientèle. Tous des criminels endurcis, ex-taulards, et vilains plus ou moins assumés.

Dans ce trou à rats qu'on appelait le « Ash Hole », le respect s'achetait à coups de poings, et les alliances se brisaient plus vite qu'une mâchoire. Plus de la moitiés des clients du bar étaient d'ailleurs recherché. Mais, au moins, l'anonymat y était respecté, et personnes n'avaient d'intérêts à y dénoncer qui que se soit.

Kirishima s'adossa au mur près du fond, sa capuche rabattue dévoilant à tous sa crinière rousse, reconnaissable entre mille. Son manteau noir – trempé par la pluie précédente - collait encore à sa peau, sans qu'il n'en soit véritablement dérangé.

Ici, il n'avait pas besoin de se cacher. Tout le monde connaissait Blood Riot. Sa réputation le précédait tellement, qu'il n'avait même pas eu à donner son nom de vilain à quiconque, ici. Seul son costume et sa crinière distinctif suffisaient.

Au début, quelques uns l'avaient provoqué, bien sûr. Mais, eh bien, ils n'étaient plus là maintenant. Et personnes d'autres n'avaient tenté de le défier, après ça. Quelques regards perçants, souvent méfiant et inquisiteurs s'attardaient parfois sur lui, mais le rouquin les ignoraient tous.

Son visage renfrogné ne laissait place à aucuns doutes : Blood Riot ne venait pas au Ash Hole par plaisir. Il venait dans ce bar pour s'informer, écouter les rumeurs et observer. Voir qui méritait d'être écrasé et qui méritait d'être ignoré.

Mais voilà presque une heure qu'il était là, et l'ennui le gagnait. Kirishima laissa traîner son regard las, un peu partout. Un doigt passait paresseusement sur le bord de son verre à moitié vide, le geste purement mécanique et inconscient.

Rien d'intéressant n'avait encore attiré son attention, et il se tâtait à partir. Mais alors, des coups se firent entendre, suivit d'un grésillement désagréable.

Le barman tapait furieusement sur un vieux téléviseur, visiblement en panne et mal fixé, pendant au-dessus du bar. C'est de là, que venait incontestablement les grésillements. Ses gestes étaient vifs et assurés, démontrant clairement que ce n'était pas la première fois qu'il « réparait » ainsi la machine.

Comme pour lui donner raison, le téléviseur sembla reprendre vie : crachant une émission d'actualité quelconques. Les images grésillaient, mais le son passait, clair, et tranchant.

« …encore une mission rudement menée par le héros-pro, Dynamight. Trois vilains arrêtés, six blessés légers et... »

La suite des paroles se noyèrent dans les rire gras, qui éclata à quelques mètres :

— « Ce gamin est pathétique ! À peine sortit des jupons d'sa mère, qu'il s'croit déjà n°1 ! Sérieux, on dirait juste un gosse sous stéroïdes. »

— « Ouais, il gueule plus qu'il cogne. Un vrais rocket ! J'parie qu'il mouille encore ses draps ! »

Les ricanements fusèrent, gras et éraillé, étouffés par les gorgées de bière tiède. Mais Kirishima, lui, ne bougeait pas. Il fixait l'écran, le regard plus vifs que quelques secondes auparavant.

Un plan serré sur le visage du héros apparaissait sur le vieil appareil grésillant :

L'homme était jeune, environ une vingtaine d'années, même si c'était difficile de deviner son âge exacte. Il ne devait pas être loin de celui de Blood Riot, et ils faisait à coup sûr partit de la même génération. L'homme – Dynamight – arborait des cheveux blond échevelés, son costume de héro était salit par la bataille, et une légère entaille apparaissait déjà sur sa joue droite.

Mais ce qui attira immédiatement son attention, ce fut l'expression de son visage.

Il ne souriait pas, il ne faisait pas le show comme tout ces héros hypocrites et arrogant, que Blood Riot exécrait au plus haut point. Il n'était pas faussement amicale non plus. Non, Dynamight avait les sourcils froncés. Le regard brûlant. La mine définitivement excédé. Le héro avait croisés ses bras en une posture fermé, ses doigts tressautant nerveusement.

Tout, de son expression à sa posture, démontrait qu'il était à deux doigts de frapper le cameraman. Blood Riot sourit sans même s'en rendre compte, amusé et intrigué par ce Héro hors du commun.

— « Non mais regarde-le, putain. » continua l'un des types. « C'est ça, les héros d'aujourd'hui ? Ce type n'est rien de plus qu'une foutu bombe humaine ! »

Son rire fut coupé par la voix froide de Blood Riot :

— « Ferme-la. » gronda-t-il sans même regarder les deux criminel de bas rang, à sa gauche.

— « Quoi ? Qu'est-ce que ta dit, connard ? » grogna l'homme, un grand blond aux yeux injectés de sang.

Kirishima se tourna lentement vers lui, le regard sombre, lourd de menace, s'attardant sur les deux hommes. Il n'avait même pas besoin d'activer son alter. Le silence se fit, immédiat. Mais lorsque son acolyte, un gros lard aux cheveux bleu terne, avisa le regard noir du roux, il sembla le reconnaître, ses traits se tendant aussitôt.

— « Eh, laisse tombé, vieux. C'est Blood Riot. »

Le regard de l'autre s'écarquilla un instant de stupeur, avant que tout le reste de son visage ne se referme, dans une expression revêche. Il cracha un « Tch. », avant de détourner son visage.

Blood Riot ne leur prêtait plus aucune attention.

Il se retourna vers l'écran, les mâchoires serrées. Dynamight venait de repousser le micro d'un revers de bras, les lèvres tordues dans une grimaces irrités.

« Lâchez-moi, j'fait juste mon putain d'boulot, bordel. J'ai pas l'temps de faire mu-muse avec vous ! » Il passa une main lasse sur son visage, étalant par ce fait le sang sur sa joue.

Blood Riot s'en lécha les lèvres, son geste purement inconscient, les pupilles dilatées. Il ne lâchait plus le héro des yeux.

« J'protège les gens. J'sauve des putains de vie ! » puis, il marmonna pour lui-même, mais toujours audible. « c'est déjà une journée de merde, et voilà que ce putain de nerd me lâche au pire moment. Foutu Deku, j'te retiens, sale traître ! »  Son regard se leva brusquement sur celui du journaliste, le faisant sursauter, il continua, plus fort : « Écoutez, je suis un Héro. Pas une vulgaire bête de foire où un énième guignol de la télé. Alors lâchez moi la grappe, putain. J'ai encore du travail qui m'attend. »

Blood Riot sentit son cœur rater un battement. Cette rage. Ce feu brut, incandescent et à peine contenu…

Un sourire carnassier, révélant ses dents anormalement pointues, étira ses lèvres, alors que sur l'écran Dynamight s'en allait sans même un regard de plus, laissant le journaliste sans voix. À présent de dos, le héro levait un doigt en direction du journaliste et de la caméra, en un « fuck you » silencieux.

Ce geste fut la goûte de trop, qui fit éclater de rire Blood Riot. Son rire résonna, fort et puissant. Spontanée, comme il ne l'avait pas été depuis des années. Attirant l'attention de tous sur lui.

Ce héro était indéniablement arrogant, et fier. Mais il ne dégageait pas la même arrogance à vomir, cacher sous des faux semblant et de fausses attentions héroïques, à l'image de tous les autres Héros qu'il avait pus voir.

Non, l'attitude de Dynamight n'était pas fausse, ni hypocrite.

Cet homme était pur. Authentique.

Et Kirishima Eijiro, Blood Riot, le voulait ardemment.

Comme il n'avait encore jamais désiré personnes d'autres.


Dés lors, Blood Riot ne cessa pas de se renseigner sur Dynamight. Trouver son agence fut d'une simplicité déconcertante, et trouver son nom ne fut pas compliquer non plus. Bakugo Katsuki, 25ans, héro professionnel, actuellement dans l'agence de Best Jeanice, à Tokyo, et 5e dans le classement des héro.

A force de recherche, Blood Riot, put même trouver un article de Bakugo Katsuki, s'étant fait attaquer au collège par un monstre de boue. Mais c'est dés lors de son intégration à l'U.A, et plus particulièrement à la classe de 1-A, à l'âge de 15ans, qu'il avait véritablement commencer à faire parler de lui.

Blood Riot était même tomber sur une ancienne vidéo du Héro pro, alors encore au lycée, lors de sa première année au championnat sportif. Le voir s'agiter autant, accrocher à ce pilier, hurlant et se débattant comme un forcené, refusant obstinément sa première place, une muselière au visage, le fit éclaté de rire.

Une larme de rire coula même le long de sa joue, alors qu'il repassait la vidéo en boucle. Son petit Héro avait donc toujours été aussi arrogant et colérique. Bien. Ça ne faisait que le différencier des autres.

Dynamight était unique.

Chaque article, chaque vidéos qu'il trouva sur le net ne fit que le confirmer. Sa croissance dans le top 5 des Héro avait été fulgurante. Le héro était fort. Une puissance brut et explosive.

Totalement viril.

Tout à fait son type, donc. Dynimight méprisait ouvertement les vilains, tous comme les héros qui ne parvenait pas à obtenir son respect. Il dédaignait constamment les médias. Et malgré tout, il avait tout de même réussi à gravir les échelons à une vitesse folle.

Le public était mitiger. Le héro provoquait régulièrement des esclandres, et n'hésitait pas une seule seconde à les envoyer tous se faire foutre. Blood Riot en avait même fait une playlist, de toutes ces vidéos, et extraits d'interviews où Dynimight était volontairement provocateur, arrogant et grossier.

Et ces sourires, putain.

Tellement sauvage, digne d'une bête féroce. Carrément sexy !

Un mois plus tôt, Blood Riot ne connaissait même pas Dynimight. À présent, il admettait lui-même à quel point il était effrayant de se rendre compte de l'immense quantité de vidéos, d'images et d'articles en tout genres le concernant, qu'il avait réussi à emmagasiner, tels de précieux trésors.

Mais cela ne lui suffisait plus. Kirishima avait l'adresse de son agence. Il savait où chercher, où le trouver. Et avait réussi à dénicher l'heure exacte à laquelle le héro faisait ses rondes habituelles.

Ne lui restait plus qu'à se dévoiler.


District Hosuru - Ruelle sombre - près de l'agence Genius Office, 19h46

Bakugo entra dans la ruelle, les membres faussement détendue.

Quelques minutes plus tôt, il avait fait sauter la planque de quelques bandits de bas quartiers – des voleurs de banques, plus exactement – rien de très glorieux, mais ça défoulait toujours.

Cependant, ce n'était pas ces vermines qui l'inquiétait à cet instant précis. Durant toute sa foutue journée, il s'était sentit suivis. Observer. Quelqu'un l'espionnait en douce, attendant quelque chose, - qu'il baisse sa garde, sûrement, où qu'il soit seul, peut-être – alors, il s'était éloigné de ses collègues et de son agence.

Se servant lui-même sur un plateau d'argent, attendant que l'enfoiré se montre.

Ce connard voulait le piéger. C'était sûr. Sinon, pourquoi l'espionner ainsi ? Alors Bakugo était rentrer dans le jeux de l'inconnu. Au début, il avait simplement attendu. Se disant que l'idiot finirait bien par se montrer. Mais plus la journée avançait, et plus Bakugo perdait patience.

Il avait fini par se dire que l'enfoiré, sûrement trop lâche pour attaquer en plein jour et à la vus de tous, attendait qu'il soit seul. Bakugo serra les dents de rage. Ce connard le sous-estimait clairement.

Ce sera sa dernière erreur.

Lorsqu'il fut sûr d'être seul, Bakugo prit tout de même le soin d'activer son gps, et réajusta sa radio de communication, juste au cas où. Puis, d'une nonchalance feinte, il lança dans le silence de la ruelle, assez fort pour être entendu à plus d'une dizaine de mètres, environs :

— « Eh, connard. Tu compte rester planquer encore longtemps, où tu va enfin venir m'affronter ? »

Seul le silence lui répondit, mais Bakugo n'était pas idiot. Il sentait toujours là présence, forte, presque écrasante de la présence inconnu, tapis dans l'ombre. En réalité, depuis qu'il avait quitter ses collègues, ce dernier ne faisait même plus l'effort de la masquer.

Une voix chaude, grondante, presque séductrice, s'éleva enfin :

— « Tu en as mis, du temps, Héro » ricana l'homme, tout en sortant de sa cachette.

Bakugo fronça des sourcils, agacé par l'insinuation de l'inconnu. Il s'apprêta à répondre, lorsqu'un mouvement le coupa dans son élan. L'homme sortit enfin de sa cachette.

Sa grande silhouette imposante, tout en muscle et en cicatrices paraissait à sa juste place, dans cette ruelle sombre. L'homme était indéniablement un méchant au vus de sa démarche féline, dangereuse, et de son costume :

Son masque noir, partait du bas de son visage, remontait le long de ses joues jusqu'à se perdre dans une crinière rouge vif et hérissé en piques aléatoire. Le côté gauche de son visage était entièrement caché, et un « R » était gravé sur son cache-œil, d'où une large cicatrice y dépassait. Seul son front, son œil droit, son nez et sa bouche était visible, lui conférant une apparence brusque, presque féroce. Son sourire édentée, féroce, et sa seule iris rubis, renforçait indéniablement le tout.

Ses cheveux descendait jusqu'à ses épaules, se mêlant à ses énormes épaulières bordeaux, en forme d'écrous. Quasiment tors nus, le méchant arborait une large poitrine ferme et athlétique, tailladé de fines trace rouge presque imperceptible. Seul ses bras était habillé d'un fin tissus souple et noir, soulignant agréablement ses biceps puissant, et se terminant jusqu'à ses poignets, laissant ses doigts blancs trancher avec le tissus. Des pics de fer étaient fiché sur les jointure bordant le tissu de ses poings.

Une large sangle noir traversait son tors, reliant un grand « B » rouge foncé, attaché à sa large ceinture. L'homme portait également un pantalon utilitaire noir, ample et probablement renforcé. Des pièces d'armures rouges sombre étaient accrocher à ses hanches et ses genoux. De grandes bottes robustes, en métal rouge sombre, elle-aussi, complétaient le tout.

L'homme ressemblait à un étrange combattant de rue, où à un putain de gladiateur, au choix. Et Bakugo s'avouait, presque à contre cœur, que le méchant était outrageusement sexy. Et puis, toutes cette peau nue, parfaitement exposée… c'était presque un crime en lui-même.

Mais plus que la peau elle-même, le costume du vilain était suffisamment révélateur pour permettre à Bakugo de le reconnaître, sans même l'avoir déjà vus. Les sourcils de Dynimight se froncèrent d'avantage, tandis que ses iris s'attardait sur le grand « B » bordeaux, et sur cette crinière… complètement désordonné, et sauvage.

Blood Riot.

Un vilain activement rechercher, tuant sans réelle distinctions héros et vilains. La rumeur semblaient le dépeindre comme un étrange justicier noir. Mais Bakugo n'était pas dupe. Bien que sexy, un connard restait un connard.

Et puis, franchement, c'était quoi le foutu problème avec ces cheveux, bon sang ?!

— « Qu'est-ce que tu m'veux, cheveux de merde ? »

Le méchant haussa un sourcil, visiblement amusé, mais ne commenta pas le surnom. Bakugo ne sut pas quoi en pensée. D'habitude, les réactions étaient immédiate. Mais il semblait que Blood Riot n'était pas comme tout le monde.

Blood Riot ne lui répondit pas directement, à la place, il dit tout autre chose.

— « Je dois avouer être déçu, » commença-t-il, de sa voix chaude et grondante. Et Bakugo réprima du mieux qu'il put le long frisson qui coula le long de son échine, à l'entente de cette voix. « je pensais que tu me repérerais plus tôt. »

— « De quoi tu parle, enfoiré ? » s'exclama aussitôt Dynamight, touché dans son orgueil. « J't'ai repéré depuis ce matin, j'te ferais remarquer ! J'attendais simplement que tu te montre, mais, eh bien.. » Bakugo sourit, arrogant. « apparemment, Blood Riot est bien trop lâche pour se montrer à découvert, devant tout le monde. Alors j't'ai amené ici. J'perd facilement patience, tu sais ? Alors ne me fait pas perdre mon temps, cheveux de merde. »

Blood Riot le regarda un moment, bouche bée, probablement surpris que Dynamight le reconnaisse immédiatement. Puis un grand rire secoua ses larges épaules. Le son se répercuta le long de la ruelle sombre, ricochant entre les murs sales et l'espace vide. Cette fois-ci, Bakugo ne parvint pas à cacher le frisson qui le saisit alors, mais il n'en eut pas besoin. Blood Riot avait fermer son seul œil visible, alors qu'il se pliait de rire.

Le pire, dans tout ça ? Ce n'était pas un frisson de peur. Et pour la première fois de sa vie, Dynamight aurait préféré cette option, à… l'autre. Celle qui le tiraillait présentement, de cette étrange, désagréable et incongru excitation. Troublé, le héro lâcha un « Tch » méprisant, tentant désespérément de se sauver la face. Heureusement, le vilain ne semblait pas avoir remarquer, trop occuper à rire.

Bakugo tint exactement cinq secondes, avant que l'irritation ne le gagne :

— « PUTAIN, TU VA LA FERMER, OUI ?! » Hurla-t-il, bouillonnant de rage.

Son hurlement eut au moins le mérite d'attirer l'attention de l'homme, et de le ramener à leur « conversations ». Blood Riot se redressa alors, essuyant distraitement une larme de rire, il fit un vague geste de la main, nonchalant :

— « Désolé, désolé ! » son sourire espiègle indiquait clairement son manque de sincérité, mais il poursuivit tout de même : « Tu es plus incroyable en vrais, tu sais ? » et, après quelques secondes de plus, il rajouta, presque comme une confidence : « Et beaucoup plus beau, aussi. »

Le cerveau de Dynamight court-circuita complètement.

— « Q-Q-Q-QUOI… ? MAIS C'EST QUOI C'BORDEL ?! T'ES COMPLÈTEMENT CINGLÉ, POUR DIRE DES TRUCS PAREILLES ? »

Même si son masque cachait la majeure partit de son visage, Blood Riot eut tout le loisir de voir la peau exposé, jusqu'au coup du héro, rougir d'un seul coup, sous les balbutiements gêné de Dynamight.

Sa seule pupille exposé se dilata sous la soudaine excitation, son sourire espiègle se faisant plus tranchant et indéniablement séducteur. Un hoquet surpris lui échappa tout de même, enhardis par la réaction excessive du héro. Il souffla doucement :

— « Oh ? Intéressant. »

Puis tout s'enchaîna.

— « ...Putain d'merde ! »

À peine les mots quittèrent ses lèvres qu'une ombre fondit sur lui. Dynamight recula d'un bond, juste à temps pour éviter le crochet fulgurant que Blood Riot tenta de lui asséner. Le poing fendit l'air à quelques centimètres de sa mâchoire, assez près pour sentir la chaleur et la force qu'il dégageait.

— « T'as une sacrée grande gueule, Beau gosse, » grogna Blood Riot, les yeux brillant d'un éclat fou.

Bakugo explosa immédiatement, littéralement. Une gerbe d'étincelles jaillit de ses paumes alors qu'il propulsait son corps en arrière, amortissant la distance d'un salto contrôlé, avant de balancer une mini-déflagration vers le sol, soulevant un nuage de poussière entre eux.

Mais Blood Riot n'en fut pas désorienté. Il fonça dans la poussière comme un prédateur affamé, l'adrénaline pulsant dans ses veines, son sourire large et carnassier.

— « T'es encore plus sexy quand tu t'énerves, » ricana-t-il, surgissant à travers la brume, son poing déjà en arrière, prêt à frapper. « on te l'as déjà dit ? »

— « La ferme, putain d'détraqué ! »

Bakugo para de justesse avec son avant-bras, la force de l'impact le faisant reculer de plusieurs pas. Ce type cognait fort. Bien plus fort que la majorité des vilains qu'il avait affrontés.

— « Bordel, qu'est-ce que tu veux, au juste ?! » cracha-t-il en répliquant d'un coup de pied circulaire, suivis d'explosifs, que Blood Riot esquiva de peu.

— « Hmm, qui sait... » fredonna l'autre simplement, dans un souffle joueur. « Pour le moment, je me contente juste… de ça. »

Le méchant retenta un nouveau crochet, cette fois, en direction de la mâchoire du Héro, qui l'évita une nouvelle fois. Le poing se ficha dans le mur, créant un gigantesque cratère. Bakugo en était sûr, si le coup l'avait atteint, sa tête aurait sûrement exploser sous l'impact. Mais le héro ne put s'empêcher de froncer les sourcils, ce coup, même si indéniablement destructeur, semblait étrangement… bâclé.

Dynamight comprit tout de suite que ce connard se foutait de sa gueule. Malgré tout, il en avait combattu, des enfoirés, mais celui-ci semblait… différent. Blood Riot se fendit d'un rictus affamé, les muscles saillant sous sa peau couverte de sueur.

C'était bizarre.

L'homme le regardait comme si, lui, Bakugo Katsuki, le putain de héro pro Dynamight, classé 5e dans le classement, n'était rien de plus qu'une foutu proie.

Bakugo le dévisagea, une seconde, interdit. Il y avait de la folie dans ces yeux. Une sorte de dévotion tordue, dangereuse, indéniablement sincère. Et c'était exactement ça qui lui glaça l'échine.

C'était putain de dérangeant. Et… un peu excitant, peut-être ?

Ouais, non. C'était probablement dû à l'adrénaline du combat. Ça ne pouvait être que ça.

— « T'es vraiment pas net, putain. » grogna le blond en lançant une explosion au ras du sol pour prendre de l'élan et foncer sur lui.

Cette fois, c'est Dynamight qui attaqua en premier. Il frappa fort, précis, mais Blood Riot encaissait comme un roc, chaque impact résonnant dans la ruelle comme des coups de tonnerre. Leurs corps s'entrechoquaient, dans un ballet brutal, presque chorégraphié. Poings, explosions, esquives, ruades, contre-attaques.

Blood Riot riait. Chaque coup que Dynamight lui assénait, semblait le remplir d'une joie tordue. Bakugo, lui, grinçait des dents. Ce connard... il absorbait ses attaques comme si elles n'étaient rien !

— « Pourquoi tu ris, enfoiré ?! » hurla-t-il entre deux rafales.

— « Parce que t'es magnifique quand tu te bats. » siffla Blood Riot, attrapant son poignet au vol, un de ses doigts se perdit sur sa peau, en une caresse anormalement affectueuse. « Putain, si tu savais à quel point j'en ai rêvé. »

— « Putain d'taré. » marmonna Dynamight, ses yeux se rétrécissant dangereusement.

C'était bien sa veine, putain.

Il en avait connu, des tarés, mais jamais un qui flirtait ouvertement avec lui… s'était nouveau et carrément étrange, aussi.

Il se libéra d'un coup de genou bien placé, suivi d'une double explosion qui le projeta en arrière, lui permettant de reprendre de la distance. Essoufflé, en sueur, il recula d'un pas. Puis deux. Les yeux braqués sur ce démon rouge qui refusait de le lâcher.

Le vilain s'avança d'un pas lent, la démarche féline, l'œil brillant de désir et d'admiration. Presque de vénération. Bakugo sentit son corps frissonner en réponse. Il avait toujours chercher à être le meilleur, il aimait voir la crainte dans le regard de ses adversaires, et l'admiration dans ceux des extras…

Mais jamais il n'aurait cru voir ce regard dans les yeux d'un méchant. C'était… nouveau. Encore une fois. Blood Riot n'était, à n'en pas douter, absolument pas comme les autres.

— « Tu fais celui qui ne comprend pas, » commença Blood Riot, d'une moue légèrement contrarié.

— « De quoi tu parle, connard ? » le coupa immédiatement Dynamight, agacé, bien qu'un peu intrigué.

— « Tu me repousses comme si tu ne le sentais pas aussi, » murmura le méchant plus bas, la voix rauque. « Mais je le vois, Héros. Ce feu. Ce besoin. Tu veux un combat qui en vaille la peine. Quelqu'un qui encaisse. Quelqu'un de suffisamment fort pour supporter tes explosions, et te donner ce que tu veux vraiment ! »

Le héro resta figé quelques secondes. L'écho de ces mots lui tordant étrangement le ventre. Puis il rit, un rire presque hystérique qui sembla les prendre tous les deux de court.

— « Eh quoi, tu te crois suffisamment à la hauteur, peut-être ? »

Il l'avait dit d'une manière si arrogante et hautaine, qu'il en fut presque surprit lorsque le méchant rit à son tour, lui répondant avec un sourire égalant sa propre arrogance. Ce dernier s'était arrêté à quelques mètres à peine, mains levées comme s'il se rendait - ou comme s'il voulait l'étreindre.

Bakugo ne le savait pas, et il n'était pas encore sûr de vouloir vraiment le savoir où non.

— « Oooh~ je ne le croit pas. Je sais que je suis celui-là, Katsuki. Je suis ton égal. Ton feu mérite un brasier à la hauteur. »

— « Bordel, qui t'a autoriser à m'appeler comme ça, cheveux de merde ?! C'est la première fois qu'on se voit, espèce de malade. T'es sérieusement entrain de me faire une déclaration, là ? »

Ses mots se voulaient mordant, mais ils ne sortirent sans véritable colère. Parce qu'étrangement, Katsuki ne l'était pas. Il l'aurait du, le méchant était clairement tordue, et il ne connaissait pas encore ses motivations, mais le regard qu'il posait sur lui… Oui, Katsuki aurait vraiment du être en colère.

Au lieu de ça, il était simplement amusé. L'idiot avait raison, du moins, en partit. Dynamight s'ennuyait ferme, avec tous ces extras. Et combattre Blood Riot s'était… étrangement exaltant.

Bordel, il prenait son pied, même. Mais ça, il ne l'avouerais pas, même sous la torture.

Un sourire sauvage étira les lèvres de Dynamight, sa copie conforme s'étirant sur le visage de Blood Riot.

— « Très bien, tu l'aura voulu alors, cheveux de merde. Voyons si le tas de merde qui sort de ta bouche depuis tout à l'heure est vrais, alors. »

Puis tout s'enchaîna. Encore plus vite, encore plus violemment.

Dynamight relança une salve d'explosions en croix, détonant l'air autour de Blood Riot avec assez de force pour faire vibrer les fenêtres de la ruelle. Mais le vilain tenait bon. Il ploya à peine sous l'assaut, glissant sur ses appuis, avant de contre-attaquer dans un souffle bestial, son poing durci illuminé d'un rouge inquiétant.

Bakugo esquiva de justesse - encore. Il le sentait. Le rythme du combat changeait. Ils ne s'affrontaient plus pour gagner. Ils étaient entrés dans une danse étrange, instable. Une joute aux règles invisibles, imposées par un mec qui, clairement, n'en n'avait rien à foutre de la logique.

Et Katsuki, lui ? Il s'en fichait complètement. Il avait l'impression de se sentir vivant pour la première fois depuis longtemps. Le combat était étrangement amusant, et aucun d'eux ne voulait lâcher l'affaire.

Mais alors, des bruits de pas retentirent, ils étaient proche, mais Dynamight ne s'en préoccupait pas. Du moins, pas jusqu'à ce qu'il comprenne que Blood Riot… ralentissait.

Il aurait pu continuer. Katsuki le sentait. Ce cinglé en avait encore sous le capot. Mais ses attaques devenaient moins précises, ses mouvements plus amples, plus exagérés. Pas assez pour perdre totalement le rythme, mais assez pour qu'il le remarque. C'était subtil, presque imperceptible, mais Bakugo savait lire un adversaire.

Et là, Blood Riot était distrait.

— « Eh, connard, qu'est-ce que tu fous, là… ? » cracha le blond entre deux respirations, les paumes encore fumantes.

Blood Riot pencha la tête, ses cheveux écarlates retombant légèrement sur son front en sueur. Il souriait toujours, mais il n'y avait plus cette même faim dans son regard, et son sourire s'était considérablement amoindris, comme s'il était contrarié par quelque chose.

— « Ah, putain... on a de la compagnie. » grogna-t-il, agacé. « Pile au moment où ça devenait intéressant ! »

Bakugo fronça les sourcils, puis regarda en arrière. Effectivement, d'autres héros, probablement alertés par le bruit venaient d'arriver. Ils n'étaient plus très loin d'eux, maintenant, mais ils semblaient tout de même rester en réserve, comme s'ils attendaient son signal. Le blond poussa sans même s'en rendre compte, un grognement de frustration, faisant écho à celui du vilain.

Mais, lorsqu'un mouvement à sa droite attira son attention, il se hérissa aussitôt :

— « Tu te tires, c'est ça ? Quoi, tu viens foutre la merde, tu me chauffes, et tu te barres ?! »

— « Je reviendrai, » assura-t-il, calme, avec cette certitude terrifiante. « Quand… nous serons un peu plus tranquille. »

D'un bond fluide, Blood Riot recula d'un toit à moitié effondré, ses muscles roulant sous sa peau comme un fauve en pleine retraite. Il lui fit un clin d'œil aguicheur, rempli de promesse. Avant de s'enfuir, avec la grâce animal qui semblait le caractériser.

— « À plus tard, mon cœur. » Sa voix résonna, plus douce qu'elle n'aurait dû.

Bakugo resta figé, le souffle court, tandis que l'ombre rouge et noir disparaissait dans les hauteurs de la ville. Un silence pesant tomba sur la ruelle dévastée.

Il aurait pu le poursuivre.

Il aurait dû, d'ailleurs.

Mais ses jambes refusaient de bouger.

À la place, il laissa son regard se perdre dans la direction qu'avait prise le vilain. Sa mâchoire se crispa. Son cœur battait encore vite, trop vite. Pas seulement à cause du combat.

Puis les autres héros arrivèrent à son niveau, et il du alors expliquer brièvement sa rencontre, avant d'enfin retourner à son agence. C'est lorsqu'il fut enfin dans la sécurité de son bureau, que Bakugo se permit de réfléchir à sa rencontre avec le vilain.

Ce type… ce foutu taré… il l'avait regardé comme personne d'autre ne l'avait jamais fait.

Comme s'il était à lui. Bakugo souffla bruyamment, secouant la tête comme pour se débarrasser d'un vertige.

— « Putain… » marmonna-t-il en se laissant tomber sur sa chaise de bureau. Il passa une main dans ses cheveux trempés de sueur, les yeux rivés au sol.

Il n'était pas sûr de ce qu'il ressentait à cette rencontre. Intrigué, agacé, étrangement flatté. Peut-être un peu tout ça à la fois. Une part de lui voulait écraser, définitivement ce cinglé de cheveux de merde. L'autre…

L'autre voulait le revoir.

Et ça, c'était peut-être le plus dérangeant de tout.


Par la suite, ses rencontres avec Riot se firent de plus en plus fréquentes.

Elles étaient toujours inattendues. Et toujours aussi explosives.

Leur seconde rencontre s'était faite quelques jours à peine la première. Dynamight venait tout juste de neutraliser un groupe de trafiquants. Ce fut sur le toit d'un immeuble gouvernemental, que Blood Riot avait débarqué à l'improviste, comme une ombre écarlate dans la nuit, sifflant dans un sourire aguicheur :

— « Hé, mon cœur. J'tai manquais ? »

— « Bordel, je t'interdis de m'appeler comme ça, cheveux de merde ! »

Ils s'étaient battus dix minutes. Dix longues minutes, aussi brutales qu'intenses, qui lui parut contre tout logique, beaucoup trop courte. Avant que le vilain ne disparaisse à nouveau dans la nuit, avec cette même promesse non dite dans les yeux : Ils se reverraient bientôt.

Puis une troisième fois, en plein centre-ville. En pleine journée. Et devant les caméras.

La presse entière assista à leur combat. Tout le putain de monde, bordel. Katsuki ne pu que remercier toutes les divinités auxquels il pensa, qu'aucun micro ne soit accrocher à eux. Ça aurait été… pour le moins embarrassant qu'en plus du combat, tous puisse assister au flirt auquel le méchant s'adonnait ouvertement et ne prenait même pas la peine de caché.

Le pire était peut-être que Katsuki lui-même ne se montrait pas aussi véhément qu'il aurait du.

Le combat avait été rapide, toujours aussi dangereux, mais beaucoup plus précipité que d'habitude. Il semblait que Riot n'aimait pas avoir du public. Bakugo de son côté n'avait même pas eu le temps de réfléchir. Dés qu'il avait aperçu la chevelure rousse, il avait foncé sur lui avec un grondement sourd, comme un chien enragé. Et Blood Riot ? Il avait ri, encore, ce rire guttural et indubitablement joyeux, comme si, en venant à sa rencontre, Bakugo lui faisait le plus beau cadeau du monde.

Mais il ne tuait jamais. En réalité, Bakugo s'en rendit compte au bout de leur septième affrontement. Depuis leur rencontre, le vilain n'attaquait, ni ne s'en prenait à personne d'autre que lui.

Le schémas se reproduisaient ensuite inlassablement.

Ils se voyaient, Bakugo lançait quelques insultes, Riot flirtait, puis ils se combattaient, plus ou moins longuement selon la durée des affrontements. Mais à chaque fois qu'un autre héro apparaissait, le vilain disparaissait, comme par un enchantement particulièrement agaçant.

Dynamight restait alors là. Haletant. Parfois tremblant d'une rage contenu, où d'une excitation difficilement dissimulé. Mais une chose ne changeait jamais, cependant, car à chacune de ces rencontres, étrangement trop écourtés à son goût, le blond en ressortait toujours désagréablement frustré et amer.

Parce qu'il commençait à attendre ces confrontations.

Et ce n'était pas tout, bordel.

Bakugo sentait continuellement un regard lourd, pesant lourdement sur lui, où qu'il soit. À ce stade, il aurait vraiment, vraiment dû être en colère. Parce que, bien sûr, il ne pouvait que s'agir de Riot. Ce connard était le seul cinglé à le regarder ainsi.

Et il devenait de plus en plus compliquer de se mentir à sois-même. Bakugo aimait combattre Riot. Il aimait sentir ce regard peser sur lui. Chaque combat devenait un exutoire bienvenu, l'alter du vilain lui permettant de se défouler comme jamais il ne s'était autoriser à le faire.

Dynamight ne craignait jamais d'aller trop loin avec Blood Riot. Pas parce que ce dernier était un vilain, et que donc, légalement, il pouvait aller trop loin. Mais plutôt parce que cheveux de merde n'avait encore jamais faillis à sa promesse de leur première rencontre. Riot était parfaitement capable d'encaisser chacune de ses attaques.

Et c'était… exaltant.

Le vilain n'avait jamais cesser de lui faire ces étranges déclarations, presque proche... d'une sorte de confession tordu. Des confession étrange, parfois même salaces, où tout simplement joueuses. Bakugo avait presque honte d'admettre, qu'à se stade, les taquineries du vilains étaient plus devenus une habitude qu'il n'était pas sûr d'être prêt à se passer.

Leur joutes étaient un peu comme une manière d'exister, dans un monde où tout lui semblait trop lisse, trop prévisible.

C'était malsain.

Il le savait.

Mais ça ne l'empêchait pas de tendre l'oreille, parfois, au moindre frémissement dans l'air. Ou de jeter un œil en coin à chaque ruelle étroite. Ou encore de se tenir plus droit, plus prêt, quand les choses devenaient trop calmes.

Comme aujourd'hui.

La mission était simple en apparence : Il lui suffisait d'infiltrer et de neutraliser un repaire de vilains identifié dans les bas-fonds de Musutafu. C'était censé être un raid rapide, propre, et sans bavure. D'après leur informations, venir seul, avec son alter et ses compétences, aurait était largement suffisant.

Dynamight n'avait même pas prévu que ça dure plus d'une demi-heure. Et comme souvent ces derniers temps, une partie de lui s'était dit - avait espéré ? - que Blood Riot surgirait, histoire de pimenter un peu les choses.

Mais cette fois, le connard de service n'était pas là.

Et Bakugo était distrait.

Puis tout avait dégénéré, sans même qu'il ne le voit venir.

La planque s'était révélée bien plus organisée que prévu, et surtout, bien plus peuplée. Les informations étaient fausses, et plus le héro combattait, plus il pensait à un piège savamment orchestrer.

Dynamight se retrouvait maintenant au cœur d'un affrontement déséquilibré, encerclé par pas moins de huit ennemis, tous dotés d'alter plus ou moins chiants. Il en avait déjà mis une bonne vingtaine au tapis, des laquais sans intérêts, tous faibles et pathétique. Mais les plus fort restait, et mine de rien, il commençait à doucement fatiguer.

Il était bon, bien sûr. Bordel, à son âge, il n'était pas 5e pour rien ! Mais même pour lui, le combat s'éternisait beaucoup trop, et il commençait à avoir du mal à suivre la cadence.

Il saignait de la lèvre, et quelques autres lacérations jonchait son corps, con costume de héro également déchiré à ces endroits. Sa vision était floue d'un côté, et une douleur sourde pulsait à sa hanche, là où un coup de lame particulièrement vicieux l'avait entaillé plus tôt. Et malgré ça, il se battait encore, les paumes rugissantes, ses explosions plus féroces que jamais.

Mais ça ne suffisait pas.

Du moins, ça ne suffirait plus longtemps. Les vilains gagnaient de plus en plus du terrain, et Dynamight se faisait lentement, mais sûrement dépasser par les évènements.

Il recula de quelques pas, en haletant, le dos frôlant le mur crasseux d'un entrepôt en ruine. Ses gants fumaient, son costume était déchiqueté, et chaque respiration semblait le brûler de l'intérieur.

— « Tch… » cracha-t-il, le sang glissant de sa bouche jusque sur son menton. « Vous allez voir, bande d'enflures… »

Sauf qu'au fond, il le savait. Il n'allait pas tenir longtemps. Sa radio de contact avait été brisé, le laissant incapable d'appeler des renfort et son signal gps ne fonctionnait plus non plus. Bakugo s'était cette fois-ci fourré lui-même dans de beaux draps, et une petite pensée ne put s'empêcher de lui hurler dans son esprit qu'il aurait du bordel, venir avec au moins un stupide acolyte, même s'il ne s'agissait que d'un extra, cet idiot aurait au moins pu appeler de véritables renfort. Où, au moins, créer une putain de diversion !

Mais juste au moment où il allait repartir à l'assaut dans un cri de rage, un éclair rouge et noir fendit l'air dans un hurlement purement bestial. Dynamight se figea complètement. Cette voix, comment ne pas la reconnaître, bordel ?!

Bakugo cligna des yeux. Une silhouette familière, faite de muscle, de rouge et de noir, se tenait devant lui, dos à lui, massive et presque irréelle dans l'ombre poussiéreuse.

Leur regard se croisèrent une fraction de seconde, avant que Riot ne bouge dans un éclair vif. L'homme arborait une forme qu'il n'avait encore jamais vu. L'intégralité de son corps s'était durci, lui conférant une apparence démoniaque qui acheva de déstabiliser ses adversaires. L'un des vilains fut violemment projeté contre le mur opposé avec une force brutale, son corps tordu de manière inhumaine. Le choc fut tel que le béton se fissura sous l'impact. Katsuki ne put s'en empêcher, il grimaça au son du hurlement et des os se brisant, vaguement compatissant.

Le silence se fit alors, glacial, presque morbide. Les sept adversaires restant, qui avaient commencer à s'enhardir au vus de l'affaiblissement du héro Dynamight, se remirent immédiatement sur leurs gardes.

Puis, la voix de Blood Riot, grave, lente, déformé par le durcissement et les crocs proéminents trancha l'air, porteuse d'une promesse de mort inévitable et absolument dévastatrice :

— « Comment osez-vous toucher à ce qui m'appartiens ?! »

Un frisson remonta l'échine de Katsuki. Encore une fois, il aurait dû s'énerver. Hurler. L'envoyer bouler. Mais tout ce qui lui vint, ce fut un souffle court, presque incrédule :

— « Toi… »

Blood Riot tourna la tête par-dessus son épaule, un sourire carnassier aux lèvres, ses yeux brillants d'une lueur sauvage. Mais ce n'était pas la même lueur habituelle, pas la même folie prédatrice qui brillait dans ses yeux rouge, identiques aux siens. Non, cette fois Riot était sérieux. Pas qu'il ne l'était pas, lors de leurs affrontements. Mais cette fois-ci, Katsuki n'avait encore jamais vus de rage et de colère aussi profonde.

Et, franchement, il avait une longue histoire commune avec la colère. Vraiment longue.

Lorsque le vilain parla pour la seconde fois, le blond était certains qu'il garderais ce ton sombre et effrayant. À la place, son regard s'adoucit légèrement, et sa voix se fit plus basse, moins grondante et adoptant un ton plus réconfortant.

C'était étrange, voir carrément bizarre. Après tout, ce dernier s'adressait généralement à lui avec un ton toujours joueur et aguicheur. Jamais avec cette précaution et cette inquiétude palpable. Bordel, il ne devait vraiment pas être beau à voir.

— « Alors, beau gosse. On à besoin d'aide, on dirait ? »

— « Vas te faire foutre, putain. Je peu très bien battre ces foutus batard sans ton aide, connard de cheveux de merde. »

Même parler lui était difficile, à ce stade. Blood Riot sembla le remarquer, mais heureusement, l'enfoiré ne dit rien. Mais, eh bien, Katsuki n'avait pas mentit. Il pourrait très bien battre tous ces enfoirés seul. Maintenant, la question serait plus tôt s'il y arriverait indemne.

— « Ouais, je sais. » et cette fois, il n'y avait aucune moquerie, ni séduction déplacé dans ce ton. Seul une confiance aveugle, une foi véritable qui laissa le héro pantelant. « Mais tu en as assez fait, héro. Repose-toi et laisse moi faire. »

Contre toute attente, Riot sembla attendre une réponse, alors à bout de souffle, Katsuki hocha la tête, donnant son consentement explicite à ce qu'il reprenne le relais. Il n'en fallut pas plus pour que le rouquin acquiesce à son tour, puis ne se retourne vers les vilains. L'aura démoniaque qui l'entourait jusqu'alors sembla s'intensifier.

Puis le carnage débuta.

Ça n'avait rien d'un combat, ni d'une confrontation d'égal à égal. C'était un massacre méthodique. Riot se déchaîna avec une rage animale et une précision chirurgicale, son alter s'embrasant d'une lueur rouge sang à chaque coup porté. Il frappait avec une force terrifiante, comme un prédateur enragé protégeant son territoire - ou à en croire ces paroles précédentes, son bien.

Bakugo ne put qu'observer, médusé, l'ombre écarlate s'abattre sur ses ennemis. Il n'y avait pas une once de retenue. Juste cette violence magnifique et brutale, maîtrisée à la perfection. Dynamight aurait vraiment du détester ça. Après tout, et malgré ces paroles, il n'avait jamais aimé voir les gens mourir inutilement.

Il était un héro, bordel de merde. Il ne prenait pas de plaisir à voir les gens souffrir gratuitement, même s'ils étaient de putain de vilains qui voulaient littéralement sa peau cinq minutes plus tôt.

Mais il ne pouvait nier deux choses. Premièrement, depuis sa rencontre avec Blood Riot, il y avait beaucoup de chose que Bakugo n'aurait pas du ressentir, où n'aurait pas du laisser passer. Cependant, il ne pouvait nier l'autre chose. Le second problème. Riot, cet enfoiré, était foutrement sexy alors qu'il, quoi, défendait son honneur ?

Bordel, il n'était pas une foutu princesse en détresse, et il s'assurerait de le faire savoir au vilain le moment venu, mais ouais, il ne pouvait nier tout de même que c'était rassurant, et même plutôt flatteur, de voir quelqu'un le défendre à ce point.

Lorsque le dernier vilain s'effondra dans un gémissement brisé, Blood Riot se redressa lentement, les épaules couvertes de poussière et de sang - pas le sien, bien sûr – Bakugo avait parfaitement observer toute la scène pour voir qu'avec son alter poussé à ce stade, l'homme était présentement incassable.

Et quand il fut sûr et certains que plus personnes ne viendrait s'interposer entre eux, Riot le désactiva enfin, reprenant son apparence normal. Bakugo ne savait pas encore s'il en était soulagé, où au contraire s'il en était déçu. Il supposait qu'à se stade, ses goûts en matières d'hommes devaient être détraqué depuis sa rencontre avec le vilain.

Attendez, aimait t-il seulement les hommes, putain ?!

Ses pensées furent immédiatement avorté lorsque ledit homme se retourna enfin vers Bakugo. Lorsqu'il s'approcha, le rouquin veilla à adopter une démarche lente et non menaçante, comme si le héro n'était plus qu'un putain d'animal blessé.

Bakugo se jeta partiellement un regard critique, observant rapidement les plaies et contusions qui couvraient présentement l'intégralité de son corps et, ok, d'accord, c'est peut-être ce à quoi il ressemblait.

Lorsque Riot arriva enfin à son niveau, le méchant posa une main douce au creux de sa joue. Ça aurait vraiment dû être étrange. Bakugo n'avait jamais laisser personnes, hormis ses parents lorsqu'il était petit, exercer un geste aussi intime avec lui. Mais le geste de l'homme, empli d'une douceur réconfortante, était un contraste saisissant, presque hypnotisant face à sa cruauté précédente, et le héro ne se sentait vraiment pas de le repousser.

Il avait mal, il était courbaturer et saignait comme une chienne qui se vidait de son sang. Et putain de bordel de merde, qu'est-ce qu'il avait la dalle, aussi, après toute ces conneries. Alors Bakugo fit la seule chose dont il était encore capable de faire. Il soupira de fatigue, et s'appuya plus confortablement contre la paume chaude et couvertes de saletés du vilain.

De toute façon, il aurait lui-même besoin d'une douche en rentrant, qu'est-ce qu'était un peu de sang et de poussière de plus ?

— « J't'ai manqué pas vrai, mon cœur ? »

Son premier réflexe aurait été de serrer les poings, tremblant d'une rage contenu et d'un égo blessé. Au lieu de ça, il ferma les yeux, et s'autorisa un demi sourire.

— « Ferme-la, putain d'cheveux de merde. » sa voix était rauque, abîmée, mais son ton n'avait pu cacher l'affection dans sa voix.

Bien entendu, le connard le perçut tout de suite, et au plus grand soulagement de Katsuki, ne commenta une fois de plus rien. À la place, l'imbécile se contenta seulement de sourire à son tour. Le sourire de Riot était étrange, ses dents parfaitement blanches et tranchantes comme des couteaux étaient parfaitement exposé.

Katsuki était même quasiment certain que, pour une personne normal, et bien qu'ayant retrouver sa forme habituel, le sourire du méchant serait vus comme quelque chose d'indéniablement terrifiant, où au minimum, inquiétant. Surtout si l'on prenait en compte son apparence général actuel. Objectivement, Riot ressemblait à une bête sanguinaire. Pour Katsuki en revanche, l'homme ressemblait à un étrange et très grand chiot en recherche d'affection.

Un chiot très musclé et couvert de sang, mais un chiot tout de même.

— « Tu vas bien ? » demanda-t-il, penchant lentement sa tête de côté.

Un labrador. Ouais, Riot était définitivement un putain de labrador sanglant.

Bakugo le fixa, les sourcils froncés, le cœur cognant comme un putain de tambour de guerre.

— « Ramène moi chez moi, bordel. » lorsque le sourcil du méchant se haussa, en une mimique amusé, le blond poursuivit en grognant de mauvaise grâce : « Bordel, si tu crois vraiment que je sais pas que tu me suis à longueur de temps, c'est que t'es encore plus stupide que je ne le pensais. »

— « Oh~ tu étais donc au courant ? » répondit Riot, calmement, quoi que de nouveau, complètement amusé. « J'en conclu qu'il s'agit d'une invitation de ta part à continuer, alors. »

Ce n'était pas une question, et ils le savaient tout les deux. Dynamight grogna pour la forme, mais ne nia rien.

La main du vilain se referma doucement sur son bras, le soutenant avec une douceur qui, étrangement, ne lui paraissait plus si incongrue que ça. Et dans le silence pesant de l'entrepôt désertée, Bakugo ne pensa ni au rapport qu'il se devait de fournir, ni au fait d'appeler l'hôpital.

Il se contenta seulement d'appeler la police en leur faisant un rapide compte rendu de la situation, envoya un rapide sms à Best Jeanice pour l'en informer également, puis se laissa conduire par le vilain qui venait littéralement de lui sauver sa putain de vie. Une fois toute la tension retombée, la seule pensée cohérente qui se forma dans son esprit avant qu'il ne se laisse tomber de fatigue, dans les bras du même vilain, fut celle-ci :

Putain. J'suis foutu.


Appartement de Bakugo – fin de soirée

La porte claqua derrière eux, et Bakugo grogna entre ses dents serrées lorsque l'impact le fit chanceler. À un moment donner, il avait du s'évanouir dans les bras de Riot, car le trajet lui avait parut anormalement court. Mais bon, ce n'était pas étonnant, il était épuisé. En sang et le souffle encore erratique.

Bien entendu, il n'avait pas eu besoin de donner de quelconque indication au méchant, le connard connaissait bel et bien le chemin, après tout.

Son appartement, pourtant ordinairement silencieux, semblait à présent trop vaste, trop calme, dans la quiétude ambiante.

Riot referma la porte à clé derrière eux, puis s'avança dans la pénombre comme s'il connaissait parfaitement les lieux - ce qui n'était sûrement pas une hypothèse déraisonnable, pensa Katsuki avec un roulement d'yeux las. Putain de taré.

Bordel, il était trop crevé pour même faire mine de s'énerver.

Le rouquin s'approcha doucement, un bras encore soutenant le sien, et d'un geste parfaitement fluide, il l'amena jusqu'à son canapé. Bakugo se laissa tomber lourdement, en retenant un gémissement douloureux.

— « Je vais chercher la trousse de secours. » dit simplement Riot, sa voix étonnamment douce, presque enrouée.

Bien sûr, l'enfoiré connaissait son chemin. Encore une fois. Et ça aurait dû l'énerver, ça aussi. Au lieu de ça, il se contenta de fermer les yeux et de laisser tomber sa tête en arrière contre le dossier du canapé. Pour la forme, il cria tout de même, sa voix plus faible que d'ordinaire :

— « Bien sûr, pas besoin de te faire visiter, hein, connard ? » Ce n'était pas une véritable question, et ledit enfoiré eu même l'audace de fredonner son accord d'un air moqueur. Il soupira : « J'y crois pas, putain… fais au moins semblant, enfoiré de stalker fou. »

Quelques minutes plus tard, le vilain revint, serviette sur l'épaule, bandages, antiseptiques et quelques compresses en main. Il s'agenouilla devant lui sans dire un mot.

— « Enlève ton haut. »

Bakugo rouvrit un œil pour le fusiller du regard.

— « Me dit rien, cheveux de merde. T'as toujours rêvé d'me le dire, hein ? »

Malgré l'humour perceptible, sa voix restait rauque, faible, et sa répartie tomberait vite à plat. Heureusement, Riot ne répondit pas. Il attendit simplement. Patient, implacable. Finalement, Bakugo soupira, déchira les pans déjà foutus de son costume, révélant un torse meurtri, zébré d'ecchymoses violettes et de plaies superficielles.

Si un regard pouvait tué, eh bien… Ces salauds serait mort une seconde fois, c'était sûr et certain.

Riot inspira lentement, son regard devenant plus sombre, plus concentré. Il se pencha pour commencer à nettoyer les plaies sans un mot, le contact du coton imbibé d'antiseptique lui arrachant des frissons involontaires. Pas de douleur. Pas vraiment, il était plus qu'habitué à ces merdes, après tout.

Le revers de la médaille du travail de héro, en tout cas, c'est ainsi que Bakugo l'imaginais.

Mais présentement, ce n'était pas la douleur qui le faisait frissonner, mais plus exactement la sensation… et surtout l'intimité du geste. C'était étrangement doux, presque affectueux.

Trop affectueux.

— « Putain, tu peu y aller plus fort, connard. J'suis pas en putain de porcelaine, bordel. » marmonna Katsuki, la mâchoire serrée.

— « Tu sais, je tien à te dire que dans une situation complètement différente, ces mots m'aurait probablement fait bander. »

Sa voix était un murmure. Grave. Inflexible. Et terriblement sincère. Blood Riot l'avait annoncer d'une voix plate, comme s'il s'agissait d'une vérité indéniable, presque comme s'il se parlait à voix haute. Bakugo haussa simplement un sourcil, las, quoi que légèrement amusé.

Vraiment, ce connard était irrécupérable.

— « Sérieusement, Riot ? »

Pour toute réponse, le méchant fredonna de nouveau, joyeusement. Il semblait enfin parvenir à se détendre, ce qui fit doucement sourire le héro. Riot était indéniablement taré. Bakugo ne comptait plus le nombres de red flags l'enjoignant à s'éloigner de l'homme. Mais d'une certaine manière, il n'avait pas peur.

À vrais dire, malgré toutes les frasques du méchant, Katsuki n'avait jamais eu peur de lui, même lorsqu'il s'était aperçu que ce dernier semblait le suivre presque partout où il allait. Il aurait pu prendre de véritable précaution, bien sûr. Bordel, si n'importe qui d'autre était au courent, Katsuki se ferait engueuler comme un putain de bleu.

Mais il lui suffisait de voir le soin avec laquelle le méchant s'occupait de lui, pour comprendre que l'homme n'était pas une réel menace pour sa sécurité. Oh, bien sûr, il était dangereux. Et Katsuki n'était toujours pas sûr de ses véritables intentions, mais il était tout de même sûr et certains que le méchant ne lui voulait pas de véritable mal.

Bordel, il en était déjà persuader avant même que ce connard ne se prenne soudainement pour son chevalier servant. Aujourd'hui n'avait fait que confirmer ce que Bakugo pensait déjà. Et honnêtement ? Observer le méchant, à la terrifiante réputation souterraine s'occuper de lui tel une maman poule, avait de quoi être risible.

Riot bandait ses côtes avec une lenteur méticuleuse. Son front se plissait à chaque marque qu'il découvrait sur sa peau pâle et abîmée. À un moment, les doigts du rouquin glissèrent contre l'os de sa hanche, là où la plaie la plus profonde s'ouvrait encore faiblement.

Bakugo retint un râle douloureux. Riot, en réponse, posa une main ferme sur sa cuisse pour le stabiliser.

— « Respire. » ordonna-t-il doucement.

Qu'est-ce qu'il disait, bordel ? Une véritable maman poule, croisé avec un putain de labrador sanglant. L'étrange chimère qui émergea dans son esprit le fit ricaner dans un souffle tremblant et douloureux.

Ce simple contact fit trembler les nerfs du blond. La tension était trop dense, et leur proximité beaucoup trop soudaine, comparé à ce qu'ils avaient toujours fait. C'est à dire, ce battre, comme les putains d'ennemis qu'ils se devaient d'être, bordel.

Comment toute cette merde avait-elle pu dégénéré à ce point ? Bien sûr, Katsuki n'était pas aveugle, à chacune de leur rencontre, il y avait toujours eu cette tension sous-jacente, mais, eh bien ils étaient définitivement hors des sentiers battus, là.

Et puis merde, il était à moitié à poil, couvert de sang séché, la tête encore bourdonnante, et ce foutu idiot le touchait comme s'il manipulait quelque chose de précieux. Excusez-le d'être à fleur de peau, putain.

Soudain, Bakugo émit un brusque froncement de sourcil, alors qu'une chose essentiel le taraudait. Putain, il avait toujours voulu savoir, alors autant en profiter. L'enfoiré semblait déjà tout connaître de lui, alors il n'allait pas le renvoyer chier, n'est-ce pas ?

— « Alors je t'écoute, cheveux de merde. » souffla-t-il, plus las que véritablement contrarié. Lorsque l'autre haussa un sourcil interrogateur, le héro continua : « C'est quoi ton putain de nom, connard ? »

Riot sourit, un sourire en coin, presque tendre, bien que chargé d'un feu silencieux. L'enfoiré avait l'air ravi, et la ressemblance avec le labrador frappa immédiatement Katsuki, qui s'obligea à se mordre la lèvre pour réprimer son sourire grandissant.

— « Oh, alors comme ça, le héro pro Dynamight veux me connaître plus… en profondeur. Je suis flatté. »

— « Ouais, tu m'en dira tant, connard. À l'attendant, tu ne t'ai pas privé pour faire tes « devoirs » sur moi, on dirait. Fait pas l'hypocrite, cheveux de merde, et dit moi ton foutu nom. Ce n'est que justice, après tout.

L'enfoiré posa enfin la dernière bande, puis releva lentement les yeux vers lui. Une seconde. Puis deux, longues et intenses. Le méchant n'avait pas cesser de sourire, et son expression c'était même considérablement adoucis.

C'est là que Bakugo céda à la pulsion qui le tenaillais depuis leur première rencontre. D'un geste assuré, bien qu'étrangement doux, Dynamight retira enfin le masque qui cachait une partit du visage de Blood Riot.

Il ne savait pas vraiment à quoi il s'attendait, mais il s'avérait que l'homme n'avait, en réalité pas besoin de cache œil. Ses deux yeux étaient parfaitement intact, si ce n'est la cicatrice traversant son œil droit. Et son visage, bordel. C'était presque injuste. Bakugo était sûr qu'il n'avait jamais vu un contraste aussi saisissant entre le physique d'une personne et son propre alter.

Et effectivement, même si l'homme était capable de se durcir, jusqu'à en devenir incassable, il s'avérait en fait, que sans son masque, et sans sa transformation complète, Riot arborait le visage d'un jeune homme de son âge, aux trait doux et tendre, presque amicale. S'il l'avait croisé dans la rue, en tenue civile, Bakugo n'aurait jamais deviner que l'idiot était un vilain aussi célèbre.

Bordel, lorsque sa main toucha légèrement sa joue en retirant son masque, Riot eu même l'audace de pencher la tête, une demande clair et silencieuse d'obtenir une caresse plus longue, sur sa peau, à présent nue de tout masque.

Bordel, la ressemblance entre le labrador prenait vraiment tout son sens, maintenant.

Le silence tomba, électrique, suspendu entre eux. Bakugo aurait dû se détourner. Arrêter de fixer l'autre homme, et peut être dire un truc cassant. L'envoyer paître, encore. Mais il n'en fit rien. Attendant simplement que l'homme accède à sa demande.

Les yeux de Riot le fixaient comme si rien d'autre n'existait. La dévotion, l'admiration et… quelque chose que Bakugo se refusait de penser, brillait encore plus fortement dans ses yeux que lors de leur première rencontre. Comme si lui, Bakugo Katsuki, aka Dynamight, était le centre de son putain d'univers entier.

Katsuki sentit une bouffée de chaleur grimper dans son ventre, étrange, malvenue et indéniablement dangereuse.

— « Alors, tu va me répondre, où on va y passer la nuit ? » murmura-t-il.

Le sourire pervers qui s'étira alors sur les lèvres du méchant lui fit clairement comprendre que le vilain n'était pas contre de justement « passer la nuit » avec lui. Katsuki grogna.

Le rouquin ne répondit pas tout de suite. Il leva lentement une main vers sa joue, la même qui avait caressé sa peau plus tôt dans l'entrepôt. Cette fois, ce fut encore plus lent. Plus explicite. Les doigts traînèrent sur sa pommette, sur sa tempe, redessinant chaque courbe comme une promesse muette.

— « Kirishima. Eijirou Kirishima, c'est mon nom, Katsuki Bakugo. » souffla Riot, sa voix rauque chargée de mille nuances qu'il n'arrivait plus à interpréter. Puis, d'un seul coup, il changea de sujet, regardant ses bandages. « C'est fini, tu devrais te reposer. »

Katsuki sentit sa gorge se nouer. Son cœur tambouriner. Même s'il avait changer de sujet, Kirishima n'avait pas bouger, et il restait toujours dangereusement proche. Il détestait cette sensation de perdre le contrôle. Et en même temps… il ne s'était jamais sentis plus vivant qu'avec ce foutu malade.

Leurs visages étaient à quelques centimètres à peine. Trop près. Et à la dois pas assez.

— « J't'ai pas donné la permission, cheveux de merde. » dit-il, plus pour la forme que par réel volonté de le repousser.

Le sourire de Kirishima s'élargit légèrement, une lueur de fauve dans les yeux. Il ne l'embrassa pas. Il ne franchit pas la ligne. Mais il s'approcha encore. Juste assez pour que Bakugo sente son souffle chaud contre ses lèvres.

— « Alors repousse moi ? »

c'était un défit, et Bakugo ne refusait jamais les défis. Il aurait dû hurler. Le frapper. Le repousser. Faire ce qu'il avait toujours fait. Au lieu de ça, il se contenta de poser sa main - celle qui n'était pas en miettes - sur le torse chaud et solide du vilain. Il fit mine de se laisser tenter, caressa même les lèvres de l'autre, et lorsqu'il sentit se dernier ouvrir la bouche pour initier le baiser, le blond se retira aussitôt, un sourire goguenard et arrogant.

Kirishima sembla perplexe, aucun son ne sortant de sa bouche alors qu'il le regardait ébahit. Puis il se passa quelque chose qui surpris immédiatement le blond. Le méchant arbora une moue véritablement adorable et vexé. Et Katsuki ne pu s'empêcher de comparer le visage à présent enfantin, avec l'arme de guerre démoniaque qui avait littéralement massacré ses opposants, à peine une heure plus tôt.

D'ailleurs, maintenant qu'il y pensait, l'homme était toujours couvert de sang, ce qui l'aidait un peu à s'en souvenir. Où du moins, juste un peu.

— « Si tu veux vraiment faire quelque chose… » murmura-t-il, sans rompre le contact visuel. « ...fais-moi à manger. J'ai la dalle, et je suis à deux doigts de m'évanouir. »

Un éclat de rire rauque et surpris s'échappa de la gorge de Kirishima. Sincère et profond. Il se redressa lentement, le regard brillant d'un feu à peine contenu.

— « J'peux te faire des œufs. Tu m'as pas l'air en état pour de la grande cuisine, mon cœur. »

— « J'vais t'en coller une si tu continues à m'appeler comme ça. »

Mais il ne l'avait toujours pas repoussé. Et quand Riot se dirigea vers la cuisine, Bakugo le suivit du regard, le souffle court et les tempes battantes.

Il ne l'aurait pas dit à voix haute. Mais pour la première fois depuis longtemps, il se sentait presque… en sécurité. Et ça, c'était sûrement le plus terrifiant.


Kirishima revint du coin cuisine, une tasse à la main,  et une assiette dans l'autre . Il l es  tend is  à Bakugo sans un mot. Le blond attrap a  la boisson,  puis l'omelette avant de  l ever  les yeux vers lui.

Leurs regards se croisèrent. Longtemps.

— « Pourquoi tu fais tout ça pour moi ? » finit-il par demander, presque à contrecœur.

— « Eh bien, on peu appeler ça le coup de foudre, j'imagine ? »

Le blond le regarda un moment, son expression ne montrant absolument rien de ses pensées profondes. En réalité, il ne savait pas vraiment comment réagir, alors il opta pour une légère explosion, en plein milieu du visage de l'idiot.

— « Hé, aïe ! Je te soigne, et voilà comment tu me remercie ? Je pensais que les héros étaient censé être, je ne sais pas, gentil ? Où au moins avoir une espèce de code d'honneur et être un minimum reconnaissant ! »

— « Imbécile, c'est de ta faute, pour sortir des conneries pareil ! »

Kirishima rit, et Bakugo trouva immédiatement ce son fascinant. Ce n'était pas le même rire sauvage et incongrûment excité de leur combat, ni celui joueur où moqueur habituel. C'était un rire véritablement sincère, et doux. Affectueux, même.

Son estomac se serra à cette réalisation. Bordel. Il n'était plus un adolescent, bon sang ! Il ne devrait pas être censé ressentir toutes ces conneries mièvres. Surtout pas pour un vilain, bordel.

— « Mais c'est vrais, tu sais ? La première fois que je t'ai vu, c'était à la télé. J'ai tout de suite su que tu était fais pour moi, mon cœur. »

L'assurance du vilain aurait pu le faire rougir. Non, en réalité, c'est absolument ce qu'il s'est passé. Bakugo rougit comme une collégienne à ses mots. Aussitôt, il cacha ses mains dans son visage, sous le rire tonitruant de l'idiot.

Puis, avec une rapidité calculée, sa main se tendit vers la nuque de Kirishima, l'attira à lui, et l'embrassa à pleine bouche. Coupant immédiatement le rire de l'imbécile.

Il n'y avait ni colère ni rage. Juste une tension enfin libérée, un sentiment refoulé depuis trop longtemps. C'était brut, un peu maladroit. Leur dents s'entrechoquait, et ça ressemblait plus à un combat de dominance qu'à un véritable baisé.

Quand ils se séparent, haletants, le blond chuchota dans un souffle amusé :

— « Très bien, cheveux de merde. Tu m'a traqué, n'est-ce pas ? Eh bien maintenant je suis là. Alors t'a intérêt à prendre tes putains de responsabilités, car je compte pas te lâcher. » le sourire du héro était sauvage, et tranchant. Le sourire qui se forma sur le visage du vilain fut sa copie conforme : « Pas de regrets, j'espère ? ». »

Pour seule réponse, le rouquin initia un seconde baiser. Comme le premier, les deux hommes bataillèrent un moment pour la dominance, puis, à un moment, ils semblèrent juste changer de rythme. Le baiser se faisant plus lent, plus profond. Lorsqu'ils se séparèrent, à bout de souffle, Riot répondit sans hésiter, son front contre celui du blond :

— « Jamais. Maintenant que je t'ai, je te garde, héro. »


Ils s'étaient installés sur le balcon, une couverture autour d'eux. Katsuki aurait pu s'inquiéter que quelqu'un ne s'aperçoive de la présence du vilain chez lui, mais heureusement, son appartement faisait partit des plus haut de Tokyo. Et, à présent lavé, changé et les cheveux dépourvu de gel, Kirishima ne ressemblait plus vraiment à Blood Riot.

D'ailleurs, il ne savait toujours pas quoi faire à ce sujet. Il était clair qu'il ne dénoncerait pas Kirishima à la police, ni qu'il n'abandonnerait son rôle de héro pour rien au monde. Mais quelque chose lui disait qu'il ne lui serait pas trop difficile de convaincre l'homme d'arrêter sa carrière, où du moins de lui faire promettre de ne pas s'en prendre à des innocents.

Après tout, techniquement, depuis leur première rencontre, l'homme n'avait pas fait parler de lui, hormis pour leur combats. Mais Katsuki ne pouvait pas se contenter de fausses illusions. Il était clair que Blood Riot, que Kirishima Eijirou, le voulait, et pas pour une nuit, visiblement, à en croire le bras protecteur que l'homme avait enroulé autour de sa taille, et la scène de sauvetage plus tôt.

Il ne savait toujours pas ce que lui voulait réellement, mais il savait ce qu'il ne voulait pas. S'éloigner de Riot en faisait partit. Et sortir avec un tueur d'innocent, en faisait également partit. Après, si son nouveau petit ami faisait quelques bavures envers les ordures, eh bien, qui était-il pour juger ?

Le ciel nocturne s'étendait, calme, presque irréel après le chaos de la soirée. Katsuki avait posé sa tête contre l'épaule de Kirishima. Cherchant ses mots. Il n'avait pas peur, bien sûr, mais il appréhendait tout de même. Ils n'avaient, après tout, pas encore parler de leur carrière respectifs.

L'autre homme passa doucement une main dans ses cheveux, l'air de rien, comme s'il avait toujours été là. Et peut-être que, dans un sens, il l'avait toujours été.

— « Qu'allons nous faire, maintenant ? » murmura Bakugo.

— « Que veux tu dire ? »

— « Eh bien, je parle de nous, de notre relation, cheveux de merde. Attend, » Katsuki se dégagea de l'étreinte, pour regarder l'homme dans les yeux, il plissa les siens, incertain. « en avons-nous seulement une ? »

— « Bien sûr, quoi, tu crois que je ne suis pas sérieux ? » le froncement de sourcil agacé aurait pu paraître mignon, si l'homme n'avait pas resserrer son étreinte en une prise possessive. « Jouerais-tu avec moi, héro ? »

En fait non. C'était vraiment mignon. Le sourire de Katsuki se fit moqueur, bien que teinté d'une affection mal cachée. Cela sembla détendre le vilain.

— « Eh bien, je pensais seulement à la logistique de nos professions… respectifs ? »

Bordel, il ne savait vraiment pas comment formuler ça sans que ça ne devienne bizarre. Honnêtement.

— « Hmm, je n'y avais pas beaucoup pensé, à vrais dire. » répondit simplement Kirishima en haussa nonchalamment ses épaules.

— « Idiot. »

— « Eh bien, t'avoir à mes côtés me semblait plus important. » encore une fois, ce n'était même pas une taquinerie, il semblait juste que le vilain se parlait encore à lui-même. Ses mots firent immédiatement rougir Katsuki, et même s'il chercha à le cacher, Kirishima put tout de même voir le bout de ses oreilles rougit. Il sourit, heureux. « Je suis sérieux, tu sais. En fait, je ne crois pas l'avoir été autant de toute ma vie. Tu m'appartiens, héro. Le reste m'importe peu. »

— « Alors… arrêterais-tu, pour moi ? »

Katsuki tentait le tout pour le tout, il le savait. Mais il n'imaginais pas que la réponse compterais autant pour lui, ni ne le ferais autant se tendre d'appréhension.

— « Eh bien, si tu me le demandais gentiment ? Je crois, oui. » le sourire du rouquin s'était fait indéniablement plus tendre. « À la base, je ne m'était jamais qualifier de méchant, tu sais ? C'est vous autres, qui m'avaient nommé ainsi. Je me faisais simplement justice moi-même, et à ceux qui comptais pour moi. »

— « Oh~ alors tu raccrocherais Blood Riot pour moi ? Tu es sûr que tu ne le regretterais pas ? »

— « Est-ce ce que tu veux ? »

Katsuki haussa des épaules : « Honnêtement ? Je ne sais pas. »

— « Hmm, si tu veux tout savoir, je ne pense pas raccrocher totalement. » au haussement de sourcil intrigué et un peu moralisateur, Kirishima s'expliqua. « Eh bien, je promet de ne pas nuire d'une quelconque façons aux braves gens. Après tout, je n'ai jamais rien volé, où fait de quelconques activités criminels. Mais par contre, je ne promet rien sur le fait d'arrêter de te suivre. »

— « Oh, alors ça y'est, tu l'admet enfin, espèce d'enfoiré de stalker fou ? »

Kirishima rigola, de son rire rauque et profond habituel :

— « Eh bien, techniquement, je ne m'en suis jamais vraiment caché. Mais je ne regrette absolument rien. Cette habitude m'a permis de savoir exactement ce qui se passait aujourd'hui. Alors je continuerais. Après tout, si personne ne protège nos héros, qui le fera ? »

— « « Nos » hein ? C'est quoi ce bordel, cheveux de merde ?! » le blond tira la nuque du rouquin, une fausse expression de colère et la main crépitante. « Quoi, tu me trompe déjà, c'est ça ? »

Sa voix était lourde de menace, mais Kirishima ne se trompa pas, le sourire du blond était suffisamment visible pour qu'il comprenne facilement que ce n'était qu'une blague.

— « Oh, j'ai dit « nos » ? Pardon, ma langue à fourché, mon cœur. Je voulais dire mon héro, bien sûr ! »

Une petite explosion retentit tout de même dans le silence de la nuit, interrompus par des éclats de rires et des chamailleries incessantes.

Finalement, ils finirent pas profiter du silence de la nuit, enveloppé dans leur cocons protecteur. C'était un moment hors du monde, comme il n'en avait encore jamais connu, et Bakugo se dit qu'il pourrait peut-être… y croire.

Au moins pour cette nuit, il s'autoriserait à imaginais un avenir entre lui et Riot.

Et lorsque ce dernier resserra une nouvelle fois son étreinte, le sourire du blond s'accentua.

Il n'avait jamais réussi à supporter l'inquiétude étouffante des autres. Et pourtant, là, tranquillement assis entre les jambes de Blood Riot, la protection de ses bras l'entourant dans une étreinte chaleureuse, Dynamight ne s'était jamais sentit aussi vivant et serein. Protéger.