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Tu es trop mignon / Tu me rends dingue à répéter ça

Summary:

« Oui, c'est bien mignon, Michâl, mais—
— Non mais arrête avec ça ! »
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D'accord, Richard trouve Michel mignon, mais il ne va pas non plus le laisser croire qu'il s'agit d'un compliment.

Notes:

Coucou :D
Voici ma fic pour la Secret Valentine RPZ, yipee :] Mon cadeau est pour AryaJune, et j'ai décidé de lui offrir un Michel/Richard ! J'espère que vous aimerez ! :]
Bonne lecture à tout le monde !

Work Text:

C'est plus fort que lui. Quand il regarde Michel, avec son regard paumé, ses répliques idiotes, son égo trop grand pour le peu d'intelligence dont il fait preuve, Richard le trouve mignon. Mais attention, mignon comme un animal, comme un chien à qui on apprendrait à se tenir sur ses pattes arrières pour faire le beau, en échange d'une friandise. Tout le monde serait d'accord avec lui, comme le docteur - Henri, pas K-stafolte - l'a été, mais il n'en parle pas, parce qu'il travaille avec des imbéciles. Il peut déjà entendre Louise ricaner, le pointer du doigt et lui raconter qu'il est amoureux ce qu'il préférerait que personne ne remarque, surtout le principal concerné. Michel serait assez con pour tenter quelque chose, et Richard n'a pas le temps de se laisser séduire, comme tout le monde dans l'équipe d'ailleurs, ferait savoir Constance avec justesse. Alors, certes, Michel lui a dit qu'il l'aimait, dans la panique et parce qu'il croyait qu'il allait les tuer tous les deux. Et, d'accord, Richard l'a embrassé, mais il était bourré, et tout le monde sait que ça ne compte pas.

C'est pour ça que Richard agit comme un adulte compétent et raisonnable, vu que quelqu'un doit bien s'y mettre, et choisit d'enfouir très profondément l'affection qu'il ressent.

Mais parfois, ça lui échappe, et il ne peut pas s'empêcher de dire à voix haute à Michel qu'il le trouve mignon. Ça sort avant qu'il ne se rappelle de réfléchir.

Il est mignon, lui.

C'est mignon, Michel, mais-

T'es mignon comme ça.

Bien sûr, parce qu'il est très malin, Richard trouve toujours le moyen de noyer le poisson et de dissimuler le compliment sous autre chose, mais il se sent stupide à chaque fois, surtout quand il se retrouve à nouveau face à une expression confuse de Michel, comme s'il essayait de comprendre. Heureusement qu'il est trop con, ça sauve Richard de ses conneries, en général.



Mais pas cette fois-ci.

« Oui, c'est bien mignon, Michâl, mais—

— Non mais arrête avec ça ! »

Richard relève la tête des tablettes dans ses mains, sachant qu'il passe pour un idiot avec l'expression constipée qui fleurit sur son visage. Il vient de se rendre compte de sa connerie, et il voudrait balancer ses derniers mots sous le tapis, mais le coup d'éclat de Michel l'en empêche carrément. En plus, ça attire l'attention de Louise et Mattéo qui les ignoraient jusque-là.

Ils revenaient d'une énième mission de récupération d'un néo-versaillais, alors ils étaient tous en train de se changer quand Richard est entré pour leur apporter les tablettes sur lesquelles écrire leurs rapports avant de les lui passer pour qu'il les corrige. Là-dessus, Michel a commencé à lui raconter tout ce qu'il s'est passé, avec de grands cris et de grands gestes qui ont failli offrir un second œil au beurre noir à Louise, si ça n'avait été pour le réflexe de celle-ci de s'écarter au dernier moment.

Richard n'a donc pas pu s'empêcher de le trouver mignon, ça lui a échappé sans qu'il ne prenne le temps d'y réfléchir, et à présent il peine à suivre ce que Michel lui balance au visage, tant il panique. Si sa phrase s'arrête à un simple "c'est bien mignon", il ne s'agit pas d'une blague ou d'une moquerie, mais juste d'un compliment. Et plus les secondes s'écoulent, plus Louise le fixe, un sourcil dressé. Alors il la fixe aussi, secouant la tête, la suppliant du regard pour qu'elle se taise, qu'elle ne comprenne pas.

Il se retrouve le témoin horrifié de l'éclair de compréhension qui traverse son visage avant qu'elle ne se tourne vers Michel en se penchant en avant, toujours assise sur son banc, une jambe seulement en dehors de son pantalon pattes d'éléphant, la longue botte orange fluo pendant à moitié sur son pied.

« Michel, tu parles trop vite et trop fort. On sort de boîte de nuit. »

Celui-ci se tait immédiatement, son buste se rapetissant alors que sa colère retombe, comme un soufflé, ou un gâteau pas assez cuit — comme les humeurs de Michel. Richard soupire de soulagement, puis la tempête repart.

« Ouais, bah— ! Bah c'est Richard qu'arrête pas de se moquer de moi, là !

— C'était pas vraiment une moquerie, objecte Louise. Il t'a dit que tu étais mignon, c'est plutôt sympa—

— C'est plutôt chiant, voilà ce que c'est ! Vous avez déjà entendu Richard complimenter qui que ce soit ? »

Louise ouvre la bouche pour donner un exemple, puis se fige dans la réflexion assez longtemps pour que Mattéo s'y mette aussi. De son côté, Richard n'essaie même pas, mortifié. Il n'a vraiment pas besoin que tout le monde dans la brigade réfléchisse à ça.

« Bah voilà ! Il me dit que je suis mignon, mais il m'insulte derrière. Il le pense même pas, c'est sûr ! Ça me rend dingue !

— Non mais tu y réfléchis trop, Michel, c'est pas bon pour toi, tente Richard, faiblement, en lui tendant la tablette. »

Si Michel la prend, il verra le fond d'écran avec des petits chats dessus, et ça le déconcentrera assez pour qu'il oublie sa colère. Tout repartira à zéro, et il n'aura qu'à laisser Louise et Mattéo oublier tout ça. Ou peut-être qu'il pourrait convaincre K-stafolte d'inventer un appareil pour effacer les mémoires. Comme dans ces films-là, dont il ne se rappelle jamais du nom.

Michel lui arrache la tablette des mains, mais au lieu de l'allumer, il la secoue sous son nez, ce qui a au moins l'avantage de détourner l'attention de l'origine de sa colère, parce que tout le monde fixe soudain l'appareil en attendant qu'elle lui échappe des mains, inexorablement.

« Je réfléchis comme il faut, merci bien ! Et j'ai compté, Richard, hein. Depuis que tu as commencé à me dire que je suis mignon, tu l'as dit genre 7000 fois !

— Personne ne compte aussi loin, Michel, commente Louise. C'est trop.

— Ah ouais ? Parce que j'ai noté toutes les fois qu'il m'a dit que j'étais mignon, sur ma tablette ! rétorque Michel en secouant l'appareil au-dessus de sa tête. »

Fracasser le matériel de l'entreprise lui vaudra des répercussions terribles, mais si cette tablette contient toutes les preuves incriminantes contre lui, Richard doit la détruire. Il suffit que Michel cesse de la secouer hors de sa portée, et il pourra s'en débarrasser, éliminer l'objet compromettant, se protéger de—

Mattéo se lève, mains levées comme pour calmer Michel, comme on le ferait avec une menace. À bien y réfléchir, c'est le cas, parce qu'un coin de tablette sur la gueule, ça peut faire mal.

« Ok Michel, c'est peut-être un peu excessif de noter tout ça, tu crois pas ? 7000 notes, c'est beaucoup.

— 7000 moqueries déguisées, c'est beaucoup, tu veux dire !

— Et tu veux faire quoi de tout ça ? demande Louise. T'en plaindre au RH ? »

Ils n'ont même pas de RH, se retient de dire Richard, parce qu'il ne veut surtout pas que Michel renchérisse et ne trouve l'idée de s'en plaindre à Constance. Ce serait le pompon.

« Non, mais-

— Michel, t'as qu'à juste accepter le compliment, le coupe Mattéo.

— Quoi ?? »

Richard ne sait pas qui est le plus perturbé, entre Michel et lui, mais il veut frapper Mattéo pour avoir dit ça. Quitte à en subir les conséquences et à se prendre un revers de la part du géant. Tomber dans le coma ne le dérange pas du tout, l'idée a même quelque chose de séduisant en cet instant.

« Ok, c'est vexant de se faire insulter sous couvert de compliments. J'en sais quelque chose.

— Ah bon ? coupe Louise, très promptement ignorée par Mattéo qui pose ses mains sur les épaules de Michel.

— Mais t'as qu'à faire semblant de n'entendre que le compliment. Ignore le reste. Comme ça, c'est pas 7000 insultes, mais 7000 fois où Richard te dit que tu es mignon.

— Non mais— Mattéo, tu peux pas lui dire ça !! s'étrangle Richard.

— Pourquoi pas ?

— Parce qu'il va y croire ! »

L'expression par laquelle Mattéo lui répond suffit à tout dire.

Parce que c'est faux, peut-être ?

Richard s'accroche aux deux autres tablettes, incapable de savoir quoi dire. Il cherche encore comment s'échapper de cette situation dans laquelle il s'est empêtré, mais rien ne lui vient avant que Mattéo ne se tourne à nouveau vers Michel avec un sourire complice.

« Et puis, vous êtes déjà plus ou moins ensemble, non ? Vu que vous vous êtes embrassés. À ce niveau-là, vous avez qu'à vous mettre ensemble, qu'est-ce que ça change ?

— Non mais ça ne fonctionne pas comme ça, enfin ! rétorque Richard d'une petite voix.

— Selon qui ? »

Et à ça, il a une très bonne réponse, une réponse plus vieille que lui, qui a façonné toute son éducation et fait — à contre-cœur — l'homme qu'il est aujourd'hui, mais il ne peut pas répondre ça, parce que Mattéo aurait la possibilité de lui rétorquer quelque chose de terrifiant, quelque chose de bien pire que son foutu béguin pour Michel.

Richard inspire grandement avant de décider ce cesser de s'accrocher aux tablettes restantes comme une bouée de sauvetage pour les tendre à Mattéo et Louise. Pour garder ses mains occupées, il les porte à sa cravate nouée le matin même par Michel et la lisse.

« Bon ok, ce sont des compliments. »

Il n'a pas revu l'expression qui se peint sur le visage de Michel depuis qu'il l'a embrassé. Son cœur s'emballe, et ne pas ignorer cette sensation lui donne la nausée, ou un frisson, ou quelque chose comme ça.

« Mais c'est pas le sujet, de toute façon. À la base, j'essayais de te rappeler de faire ton rapport. Et si tu veux être vraiment mignon, tu le feras correctement cette fois. Comme ça, je n'aurai pas à trop le corriger.

— Mais j'aime bien te regarder faire quand tu corriges mon rapport. »

Eh merde.

Il n'arrive même pas à lui répondre alors que Louise pouffe à ce commentaire et que Mattéo sourit comme un abruti, donc il se racle la gorge pour se protéger.

« Ce n'est toujours pas le sujet. Constance veut les rapports au plus tôt sur son bureau parce qu'elle n'est pas du tout satisfaite de votre travail. »

Et il profite des plaintes de ses collègues pour s'échapper, esquiver cette conversation qui s'est échappée à son contrôle, et retourne à son bureau pour ne plus avoir à réfléchir à tout ça. Il n'y croit pas, mais peut-être que personne ne reparlera de tout ça. Ça lui a déjà puis trop de temps, et trop d'émotions qu'il ne peut pas se permettre de déverser plus d'émotions que ça.

Il faut bien que quelqu'un se rappelle leur mission ici. Tout le monde ne peut pas se montrer aussi irresponsable, même si Mattéo ne lui a pas trop laissé le choix que d'avouer ce qui faisait mieux de rester caché.

« Et tu es vraiment trop mignon quand tu passes la main dans tes cheveux parce que tu n'arrives pas à me relire pour corriger mon rapport. »

---

Richard crève d'envie de fuir loin de son bureau et de Michel. Il n'en peut plus, et il commence à comprendre pourquoi son collègue en a eu marre, de tous ses compliments, même s'il ne les a pas compris comme tel. Si Mattéo et Louise ont rendu leurs rapports rapidement, et suffisamment propres pour qu'il n'ait pas à y passer des heures, Michel, lui, a attendu le dernier moment possible, tenant une tablette avec un rapport plus horrible qu'à son habitude, et l'a donc coincé au bureau pour un temps fou. Richard a l'habitude, des rapports difficiles, des regards longs et des commentaires vides de sens de Michel, mais cette fois-ci, c'est différent.

« Non puis, tu es mignon quand tu t'écrases dans ta chaise pour tenter de te cacher alors que les écrans sont transparents et que je peux te voir au travers. »

Richard sait qu'il s'agit d'une vengeance, d'une moquerie parce que Mattéo lui a fait avouer qu'il trouvait Michel mignon pour de vrai, et pas pour la blague. Il a tenté de demander à Michel d'arrêter, mais celui-ci s'est contenté de sourire et de continuer ses compliments de plus en plus souvent. Richard n'arrive même pas à se reconcentrer pour continuer et finir sa réécriture du rapport - parce qu'il n'y a rien à sauver, pour ne pas changer, pas s'il veut que Constance y touche - alors il fixe l'écran en tapant sur quelques touches avant de tout effacer toutes les quelques secondes, sous le regard de son collègue qui s'est installé juste en face de lui, le visage entre les mains.

Il a pensé à se cacher sous le bureau, pour ne plus avoir son regard qui le parcourt, mais son imagination a dérivé toute seule, et l'image qu'il en a eu ne l'aide absolument pas. Et savoir que Michel a les jambes écartées en grand, parce qu'il doit toujours prendre le plus de temps possible quand il s'assoit, lui apporte encore plus de misères.

« Et tes yeux, ils sont vraiment—

— Ok, c'est bon. J'ai compris ! »

Il ose le regarder avec surprise, ses grands yeux s'arrondissant d'une façon adorable que Richard garde bien pour lui cette fois-ci.

« Tu n'as pas besoin d'insister, j'ai compris. Tu ne veux pas que je te dise que tu es mignon, c'est- ok. Tu peux arrêter.

— Mais non, Richard. T'es mignon mais là, tu es vraiment bête.

— … Sors de mon bureau. »

Il ne va pas se laisser insulter non plus, et puis quoi encore ? Mais alors qu'il se tend, se préparant juste à l'attraper par le col de sa chemise pour le jeter hors de la pièce, Michel se jette à moitié sur lui, par-dessus le bureau, et attrape ses poignets avant qu'il n'ait eu le temps de s'échapper.

« Je ne peux pas sortir de ton bureau.

— Si. Par la même porte que tu as pris pour entrer. »

Richard fixe les mains sur lui, en train de froisser ses manches, puis la porte fermée, à quelques petits mètres, une distance parfaitement raisonnable à atteindre, essayant de comprendre ce que Michel lui veut, incertain de vouloir le savoir.

« Tu m'as complimenté 7000 fois, Richard.

— Tu sors ce nombre de tes fesses, Michel, je n'ai pas-

— Si, tu l'as confirmé, et moi j'en ai pris note à chaque fois. »

Richard voudrait lui demander pourquoi il a fait ça, alors qu'il n'est pas capable de faire un rapport correct, et revenir sur ses mots aussi, parce qu'il craint de comprendre où Michel veut en venir, à secouer la tête comme s'il était si malin et au courant de quelque chose de si important.

« Oui, enfin c'est pas—

— Et je dois donc te rendre tout ça.

— Non, mais pas du tout ! Pourquoi tu ferais ça ?

— Parce que je ne peux pas te laisser être celui qui a le plus d'avance dans notre relation. »

Hein ?

« On n'est pas—

— Richard, je t'ai dit que je t'aimais, tu m'as répondu que tu trouvais ça romantique, tu m'as embrassé, et tu m'as dit que j'étais mignon 7000 fois. On est en couple.

— Michel—

— Écoute, Constance se serait mise en couple avec le type dans sa boulangerie juste pour un regard, si ça n'avait pas été à cause de Renard. Et Mattéo avait sa petite copine, Judith, et ils se tenaient même pas par la main, mais ils étaient ensemble ! Il faut absolument qu'on fasse mieux qu'eux, pour être le meilleur couple.»

Richard voit un tas de contre-arguments à tout ce que Michel vient de dire, mais il n'arrive pas à les utiliser, parce que son collègue est mignon avec son air déterminé et sûr de lui.

« Tu n'as pas à me rendre mes compliments si on est ensemble, Michel. Ce n'est pas comme ça qu'un couple fonctionne. »

Il sait qu'il a merdé quand le visage de Michel s'illumine, mais tant pis. Alors il se laisse faire quand celui-ci se jette un peu plus par-dessus le bureau, attrape son visage et l'embrasse sur la joue, essayant de s'empêcher de sourire. Certes, son ventre est tordu par l'angoisse et l'anticipation des moqueries des autres, mais ils se montrent déjà tous immatures, alors pour une fois, il peut bien l'être aussi, et complimenter Michel pour de vrai, ou le prendre par la main, ou juste le regarder en assumant d'être amoureux.