Actions

Work Header

A Second Chance

Summary:

Voldemort est mort.

La guerre est terminée.

Du moins, c’est ce que Harry croyait.

Un artefact oublié du Ministère l’envoie des décennies en arrière, en pleine première guerre des sorciers. Désorienté, seul, il est capturé par les Mangemorts avant même de comprendre ce qui lui arrive. Retenu comme une anomalie, observé comme une menace, Harry devient une pièce imprévue sur l’échiquier du Seigneur des Ténèbres.

Mais il ne reste pas longtemps entre leurs mains.

L’Ordre du Phénix le capture à son tour, méfiant face à cet inconnu qui semble en savoir trop. Et Harry se retrouve face à ceux qu’il a déjà perdus : ses parents, Sirius, Remus… vivants. Méfiants. Réels.

Il connaît leurs morts. Il connaît la trahison.

Et cette fois, il a le pouvoir d’agir.

Au milieu de la guerre, Voldemort remarque cette présence inattendue — un garçon qui ne devrait pas être là, mais qui semble toujours apparaître là où il ne faut pas.

Et pour la première fois, Harry se demande s’il est revenu pour sauver le monde…

ou pour sauver celui qu’il était censé détruire.

Chapter 1: Chapitre 1

Chapter Text

La victoire n’avait pas changé l’odeur de la poussière.

Elle restait suspendue dans les couloirs de Poudlard, dans les pierres fissurées, dans les boiseries marquées par les sorts. On avait reconstruit les murs. On avait réparé les fenêtres. On avait effacé les traces visibles.

Mais il restait le silence.

Harry ne dormait plus vraiment.

Les gens parlaient de reconstruction, de réformes, d’avenir. Kingsley faisait de son mieux pour remettre le Ministère debout. Les procès s’enchaînaient. On parlait de justice, de réparation.

Harry, lui, ressentait surtout l’absence.

Fred.

Remus.

Tonks.

Les noms ne partaient pas.

On venait lui demander conseil. On l’écoutait avec une attention qu’il ne savait pas comment porter. Il répondait. Il participait. Mais quelque chose en lui restait tendu, comme si la paix n’était qu’une surface fragile.

C’est ce qui l’amena au Ministère ce jour-là.

Pas pour provoquer quoi que ce soit.

Seulement pour consulter certaines archives récemment ouvertes. Il voulait comprendre comment tout avait commencé, des années plus tôt. Comprendre les mécanismes, les erreurs, les angles morts. Il n’était plus question de se battre. Il était question d’éviter que cela recommence un jour.

On l’autorisa à descendre au Département des Mystères pour consulter un artefact saisi à la fin de la première guerre.

La salle était froide.

Un dispositif circulaire reposait sur une table de pierre. Du métal sombre, gravé de runes fines. Rien d’un Retourneur de Temps. Plutôt une structure inachevée, conçue pour observer, analyser, mesurer.

« Neutralisé, » assura l’Unspeakable.

Harry s’approcha, davantage par curiosité que par imprudence.

Il voulait voir jusqu’où Voldemort avait poussé ses recherches.

Ses doigts frôlèrent le métal.

Le frisson fut presque imperceptible.

L’Unspeakable releva brusquement la tête.

La pièce sembla vibrer.

Pas d’explosion.

Pas de lumière aveuglante.

Juste une perte d’équilibre brutale.

Le sol céda sous ses pieds.

L’air se déforma.

Et tout disparut.

 

Il reprit conscience avec le goût de la pluie dans la bouche.

Le choc thermique le fit haleter. Il était allongé sur une route boueuse, les mains enfoncées dans la terre humide. Il resta immobile quelques secondes, essayant de remettre ses pensées en ordre.

Ministère.

Artefact.

Salle.

Il se redressa lentement.

Une route étroite. Des haies épaisses. Un village au loin.

Transposition accidentelle.

C’était la seule explication logique.

Le dispositif n’était pas aussi neutralisé qu’on le pensait. Sa magie avait déclenché une réaction. Il avait été projeté ailleurs. Peut-être à plusieurs kilomètres. Peut-être plus.

Mais ailleurs, seulement ailleurs.

Il se mit debout.

Il n’eut pas le temps de faire plus de trois pas.

Des silhouettes sortirent de l’ombre.

Noires.

Encapuchonnées.

Les robes longues, ajustées, le masque pâle dissimulant les visages.

Le souffle d’Harry se coupa net.

Des Mangemorts.

Il en aurait reconnu la tenue entre mille.

Pendant une seconde, il crut à un reste isolé. Un groupe de fanatiques refusant d’accepter la défaite.

Mais ils ne se cachaient pas.

Ils ne fuyaient pas.

Ils ne portaient pas l’attitude d’hommes traqués.

Ils occupaient l’espace.

Comme si rien n’avait changé.

La baguette d’Harry fut dans sa main avant même qu’il en ait conscience.

Un sort fusa.

Il para, riposta, recula.

Ils étaient organisés.

Coordonnés.

Et surtout, ils semblaient sûrs d’eux.

« Immobilise-le ! » lança l’un d’eux.

La voix n’était ni paniquée ni désespérée.

Elle était autoritaire.

Comme si l’ordre était naturel.

Des liens magiques jaillirent et se refermèrent autour des bras d’Harry. Il tomba à genoux dans la boue.

On lui arracha sa baguette.

La pluie glissait sur les masques blancs.

Harry les fixa, incrédule.

Voldemort est mort.

La guerre est finie.

Alors qu’est-ce qu’ils font là ?

Pourquoi sont-ils dehors, à découvert, en uniforme complet ?

Pourquoi parlent-ils comme si le monde leur appartenait encore ?

« Qui es-tu ? » demanda l’un d’eux.

Harry releva le menton malgré la position inconfortable.

« Harry. »

Un silence.

Ils échangèrent un regard rapide.

Pas surpris.

Pas alarmés.

Juste… attentifs.

« D’où tu viens ? » demanda un autre.

Harry hésita.

Comment expliquer qu’il venait d’une salle sécurisée du Ministère sans révéler qu’un artefact venait de mal fonctionner ?

« Londres. »

La réponse était vraie.

Mais elle ne suffisait pas.

« Personne ne transplane ici par hasard, » dit calmement celui qui semblait diriger les autres.

Transplaner.

Ils pensaient qu’il avait transplané.

Harry fronça les sourcils.

Oui, ça devait y ressembler.

Une transposition mal contrôlée.

Rien de plus.

Il se força à respirer lentement.

Quelque chose n’était pas normal.

Mais ce n’était pas le moment d’analyser.

Il fallait d’abord comprendre où il était exactement.

Et pourquoi des Mangemorts agissaient comme si la guerre n’avait jamais pris fin.