Chapter Text
Rumi ne s’en rend pas compte tout de suite. Pour elle, c’est juste une fatigue inhabituelle. Une lourdeur dans les épaules. Une envie étrange de rester près des autres, sans trop savoir pourquoi.
Ce matin-là, elle reste plus longtemps dans le salon que d’habitude, assise en tailleur sur le canapé, les bras entourant un coussin. Elle observe Zoey et Bobby discuter à voix basse près de la cuisine.
Mira prépare du thé.
Céline trie du matériel sur la table.
Rumi se sent… calme.
Un peu vide.
Un peu plus petite à l’intérieur.
Mira est la première à remarquer le changement. Pas de manière dramatique.
Juste une intuition.
Elle s’approche doucement.
— Tu veux du thé ? demande-t-elle.
Rumi relève la tête, comme surprise qu’on lui parle.
— Oh… oui. S’il te plaît.
Ce “s’il te plaît” est plus doux que d’habitude.
Moins assuré.
Presque timide.
Zoey échange un regard rapide avec Céline.
Bobby fronce légèrement les sourcils, mais ne dit rien.
Ils savent.
Mais ne disent rien.
Une sensation commune.
Quand Mira tend la tasse à Rumi, elle la prend à deux mains, comme si elle avait peur de la renverser.
— Merci…
Sa voix est basse.
Posée.
Fragile sans l’être vraiment.
Zoey s’approche du canapé et s’assoit près d’elle.
— T’as l’air tranquille aujourd’hui, Rums.
Rumi hausse légèrement les épaules.
— Je suis juste… fatiguée.
Ce n'étais pas faux.
Mais ce n’est pas toute la vérité.
Céline attrape une couverture et la pose délicatement sur ses jambes, sans commentaire.
Rumi baisse les yeux vers le tissu, surprise.
— Je… je n'avais pas froid…
Mais elle ne la repousse pas.
Bobby détourne le regard, comme pour lui laisser de l’intimité.
L’atmosphère devient différente.
Plus douce.
Plus chaleureuse.
Rumi boit une petite gorgée de thé.
Puis une autre.
— C’est bon, murmure-t-elle.
Ce simple mot fait quelque chose aux autres.
Un mélange de tendresse et de prudence.
Parce que ce qu’ils voient est mignon.
Mais aussi fragile.
Rumi, sans le savoir, est en train de baisser sa garde.
De laisser tomber le rôle de cheffe.
De chercher une sécurité qu’elle ne demande jamais à voix haute.
Et personne ne veut la brusquer.
Personne ne veut lui dire : “Tu changes.”Ils préfèrent être là.
Adapter leurs gestes.
Ralentir pour elle.
Pas pour l’infantiliser.
Mais pour l’accompagner.
Rumi, elle, ne remarque qu’une chose :
Elle se sent bien.
Protégée.
Étrangement légère.
Et sans comprendre pourquoi…elle reste là, au milieu d’eux, comme si c’était exactement l’endroit où elle devait être.
