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Bella

Summary:

Roy doit convaincre Lorenza que les choses ne vont pas aussi bien qu'elle le répète.

Notes:

Bonsoir ! J'essaie d'écrire mais je n'y arrive toujours pas. Ceci étant, voici pour vous ma fanfic tout juste corrigée, avec la fin modifiée (donc c'est un peu bancal, désolé)
J'espère que vous aimerez quand même !

Personnages : Roy Marks, Lorenza Blake
CW/TW : cicatrices, combat à l’arme blanche (mention), culpabilisation

Bonne lecture !

Work Text:

« Tu vas bien ?

— Mais bien sûr que je vais bien, quelle question ! »

Quelle question ? Roy n’en était pas si sûr, quand il voyait Lorenza ainsi. Ce n’était pas lui qui avait passé des semaines, alité, à fixer la fenêtre de sa chambre et rien d’autre. Qui avait eu le visage couvert de bandages durant tout ce temps, dans le but vain de réduire une cicatrice trop grande qui ne partirait jamais, tout ça parce qu’il s’était jeté sur un dragon avec une simple rapière.

Et ce n’était pas lui qui aurait été capable de sortir de son lit du jour au lendemain, comme si de rien n’était. Lorenza sifflotait les airs grivois qu’elle avait appris depuis son arrivée au domaine, s’approchait des gens pour faire la conversation, enlaçait sa sœur et les deux cousins, elle participait aux ventes, le tout avec son visage découvert, dévoilant une cicatrice gigantesque tout juste refermée, encore trop fraiche, et un œil mort qu’elle ne couvrait pas du cache-œil recommandé par le médecin, la plupart du temps.

On ne pouvait plus la confondre avec Lara à présent, et rien que ça, ça devait mettre Lorenza dans un état de rage le plus total, mais elle semblait heureuse, et le mensonge était évident.

« J’ai- Je crois que-

— Et toi, Roy, ça va ? »

Elle lui coupait la chique, le but pour esquiver la conversation qu’elle savait qu’il voulait avoir avec elle. Il devait l’empêcher de tourner autour du pot.

« C’est pas moi, le sujet.

— Pourquoi pas ? »

Elle lui sourit de travers, pas seulement à cause de sa cicatrice. Roy fixa son œil valide, agacé par son attitude.

« Parce qu’on s’en fout, de moi ! Tu as repris le travail trop tôt, pour co-

— Messieurs de Montazac et Torez ne nous hébergent pas gratuitement. Je suis employée, ici, je dois travailler. »

Et elle retourna à ses vignes, comme si la conversation était terminée.

Roy jeta des regards partout, à la recherche de Lara. Il n’y arriverait pas sans elle, il n’avait aucune confiance en ses propres capacités, mais elle ne se trouvait nulle part.

« Tu parles d’eux comme si c’étaient des monstres, grommela-t-il avec malaise.

— Tu dis ça comme si tu n’étais pas le premier à les critiquer.

— Pas tous les deux… »

Ce qui n’était pas le sujet de la conversation, de toute façon, Lorenza le menait sur autre chose, encore et encore, tout ça pour ne pas avoir à se poser les vraies questions. Puis, même s’il n’appréciait pas leurs patrons, il devait admettre qu’ils leur avaient sauvé la vie à tous. Les cousins n’avaient même jamais connu la guerre, nés et élevés dans le vignoble, protégés de tout.

« Il comprendrait que tu doives te reposer.

— Et ça m’apporterait quoi, de me reposer encore plus ? rétorqua-t-elle avec amertume. »

Elle s’était tournée vers lui, le regardant de son unique œil valide noirci par la colère, les poings serrés sur son panier comme pour ne surtout pas le frapper lui.

« Je ne vais pas aller mieux parce que je me repose, Roy. C’est fini ! Je suis guérie, là ! Ça te dégoûte, que je sois défigurée comme ça ? Parce que je m’en fous !! »

Elle leva une de ses mains, enfonçant ses ongles dans le tissu cicatriciel. Roy se crispa et s’approcha pour essayer de l’arrêter, mais quand elle s’écarta, il se figea sur place. Elle donna une tape à son œil mort de la même main, un sourire déformé et triste s’étalant au même moment.

« C’est vous tous qui avez un problème avec mon visage, mais va falloir faire avec ! Tu veux voir une Blake jolie ? Y’a Lara !

— Lorenza, tu es-

— Ne finis pas cette phrase !! »

Elle leva le bras, manqua de jeter son panier au sol, et se retint juste avant. Quelques raisins tombèrent au sol, mais Roy fut le seul à y prêter attention.

« Ma sœur était en danger. Elle serait morte si j’étais pas intervenue. Tu aurais fait pareil à ma place.

— Tu n’as pas le droit de me dire ça. »

Elle eut au moins la décence d’être gênée, mais cette fois-ci, il était celui en colère. Il se rapprocha si vite qu’elle sursauta.

« Tu veux qu’on parle de mon frère ? Ok, faisons ça. Il voudrait pas que je meurs ! Il voudrait pas que je me jette dans une bagarre que je ne pourrais pas battre pour lui ! Il s’est engagé dans cette putain de guerre pour me l’éviter, en me faisant passer pour l’handicapé et c’est lui qui va mourir ! Tu crois que je veux ça ? Que je veux que mon frère se tue pour moi ? Que Lara veut te voir mourir ?! »

Lorenza le repoussa violemment, et Roy manqua de tomber en arrière. Il se retint au dernier moment et ignora les larmes qui montèrent aux yeux de sa collègue.

« Demande à Lara si elle voulait que tu fasses ça. Bien sûr que tu l’as fait, c’est ta sœur, mais elle ne le voulait pas, et elle a peur pour toi, maintenant ! C’était pas le but, quand vous êtes venues ici, de rester en vie ?

— Tu ne comprends pas !!

— Si, je comprends !! Je comprends que moi, j’ai une chance que tu n’as pas ! Non, pardon, que Lara n'a pas, parce que moi je ne verrai jamais mon frère mourir. Je pourrai faire semblant toute ma vie qu'il n'est pas mort, même si demain, un soldat venait me l'annoncer, parce que je l'aurai pas vu. »

Lorenza le fixa sans un mot, sachant ce qu'il voulait dire, les poings tremblant. Il n'avait pas besoin d'aller plus loin, et il ne le fit pas. À la place, il tendit les bras, incertain. Il ne voulait pas le faire, mais ne le regretta pas, quand elle se jeta contre lui, pleurant comme une gamine. Ça devait lui faire du bien de pleurer, et c'était la première fois qu'elle montrait autre chose qu'un faux sourire.

Alors peut-être qu'il pouvait faire semblant de gérer cette situation jusqu'à ce que Lorenza cesse de sombrer.

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