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This is our song when the sky so blue

Summary:

Matthew avait un jour frappé à la porte de son appartement étudiant avec un bébé de onze mois dans les bras, un sac de sport bien rempli et un paquet de couches. Hanbin l’avait dévisagé des pieds à la tête avant de lentement comprendre de quoi il retournait et avait ouvert un peu plus la porte pour le faire rentrer. Ce jour-là, sans le savoir, Hanbin venait de se désigner comme un second parent pour la fille de son meilleur ami.

Notes:

Hey hey ! Ce one shot est un prequel à l'histoire "Forget the romeo" et se concentre sur la relation d'Hanbin et Matthew lorsqu'ils vivaient ensemble ! La lecture de "Forget the romeo" n'est pas obligatoire mais peut rendre la compréhension et l'appréciation de ce one shot plus agréable. Bonne lecture <3

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Les pleurs d’un bébé le firent se lever au beau milieu de la nuit. À ses côtés, Matthew remua légèrement sous leurs draps. Fatigué, Hanbin força ses paupières lourdes de fatigue à s’ouvrir.

– Matt…

Matthew entrouvrit à peine les yeux et Hanbin alluma sa petite lampe de chevet. Il posa une main sur l’avant-bras de son meilleur ami et Matthew secoua la tête, les yeux gonflés de sommeil. De nouveaux pleurs résonnèrent dans la pièce. Il se passa dix longues secondes avant que Matthew ne soupire et se redresse sur le matelas. Inquiet, Hanbin le regarda se lever avec lenteur et quitter le lit sans prendre la peine d’enfiler une veste malgré le froid inconfortable de son studio. Le mois prochain, Hanbin lui avait promis du chauffage. En attendant, il restait un étudiant prenant seul en charge sa vie, celle de son meilleur ami et de sa fille.

Sans un mot, Matthew se dirigea vers le petit lit pour bébé qu’ils avaient trouvé lors d’un vide-grenier et se pencha vers sa fille.

Redressé dans le lit, incapable de se rendormir avec les pleurs du nourrisson en fond, Hanbin patienta. Il le regarda la bercer avec douceur et se diriger vers le frigo pour y dénicher un biberon de lait. Matthew les faisait toujours en avance juste avant d’aller se coucher. Et puis… Plus rien. Hanbin regarda son meilleur ami se figer, ne plus bouger du tout et le bébé gesticuler de plus belle. Lizzie avait faim et Lizzie le faisait savoir de plus en plus bruyamment.

– Matt ?

Pas de réponse. Inquiet, Hanbin se leva – délaissant avec regret la chaleur de son lit –  et s’approcha, glissant une main sur l’une de ses épaules. Matthew pleurait. Encore. Mais cette fois-ci, avec Lizzie contre lui. Les autres fois, Matthew pleurait devant son lit, sans la prendre dans ses bras.

– Laisse-moi réchauffer ça, murmura-t-il.

Il le débarrassa du biberon et attrapa Lizzie qu’il berça avec douceur. La petite sembla se calmer un peu, juste le temps d’avoir enfin son lait et Hanbin se sentit soulagé. Comme un zombi, Matthew retourna dans le lit, sans un regard, sans un mot, et Hanbin le regarda faire, les lèvres pincées.

 

Hanbin avait pris l’habitude de nourrir Lizzie toutes les heures de la nuit. Lizzie ne faisait pas ses nuits et seul un biberon soulageait ses pleurs. Il fit quelques pas, tournant en rond dans son studio minuscule, avant de s’asseoir en tailleur à côté de Matthew, déjà roulé en boule sous leur couette. Il baissa les yeux vers lui, interceptant un regard coupable et, de la main qui ne tenait pas le petit corps de Lizzie, il effleura ses cheveux sombres pour le réconforter.

– Tu fais un meilleur père que moi, murmura Matthew.
– Du tout. On est tous les deux largués et c’est normal.
– Au moins, toi tu ne chiales pas en préparant son biberon.
– Non, je pleure en l’entendant rire parce que je trouve ça adorable.

Matthew esquissa un sourire, légèrement amusé. Dans ses bras, Lizzie s’était rendormie, la bouche entrouverte, laissant aller la tétine du biberon. Hanbin esquissa un sourire attendri. Malgré la fatigue, malgré les galères quotidiennes, il trouvait toujours de la beauté dans la moindre chose que faisait Lizzie. Au moment où il essaya de le relever, Matthew l’arrêta d’un geste de la main.

– Elle peut dormir avec nous… ?
– Matt…
– Une dernière fois.
– La dernière fois aussi était la dernière fois, s’amusa-t-il.

Mais qui était Sung Hanbin pour résister au regard larmoyant de Seok Matthew ? Il la plaça entre eux, et éteignit la lumière en soupirant. Matthew avait arrêté de pleurer et passait désormais une main dans les cheveux blonds de sa fille, sans dire un mot.

 

Cette nuit était la même que quasiment toutes les autres depuis qu’il l’avait accueilli chez lui. Il se passa peu de temps avant que Matthew s’endorme à nouveau, blotti contre sa fille, et Hanbin trouva le sommeil avec peine. Adolescent, il avait imaginé mille et une versions de lui jeune adulte ; aucune ne ressemblait à celle qu’il vivait actuellement.

Ses parents avaient déménagé dans la ville voisine juste après la fin de son lycée et Hanbin avait insisté pour rester ici, à Vancouver. Il avait trouvé un boulot étudiant, loué un studio minuscule d’une seule pièce … Et avait été prêt à commencer un tout nouveau chapitre de sa vie. Matthew avait déboulé peu de temps après, bousculant tous ses plans. Matthew avait refusé l’aide de ses parents pour élever Lizzie. Il s’était accroché à elle comme son ancre, refusant d’être séparé de sa fille. Plein de honte, il avait refusé aussi de retourner vivre chez eux. Hanbin lui avait ouvert sa porte sans hésiter. Matthew était tout pour lui. Un meilleur ami, un frère, un confident, son premier contact ici à Vancouver… Et Matthew et lui s’étaient juré de ne jamais se quitter.

La mère de Lizzie leur avait claqué la porte au nez. Matthew qui avait coupé les ponts avec une immense partie de son entourage et de ses amis s’était retrouvé seul face à des choix qu’il n’avait pas réellement fait seul, et un bébé à charge. Hanbin le savait : la situation ne resterait pas éternellement ainsi. Lizzie avait une mère qui techniquement, devait en avoir la garde également. Mais pour l’heure, Lizzie n’était qu’un bébé ; Matthew un père trop jeune et Hanbin un meilleur ami très présent.

À leurs côtés, Lizzie roula légèrement et Hanbin la replaça, un poil anxieux. Lizzie ressemblait à Matthew. Elle n’était qu’un bébé de onze mois, mais déjà ses mimiques étaient les siennes et son regard identique. Au fond, Hanbin n’avait qu’une hâte : celle de voir Lizzie grandir puis s’épanouir et de toujours être à ces côtés.

 

*  *  *

 

            Hanbin et Matthew se rendaient souvent dans le parc juste en bas de chez lui. Hanbin insistait pour que Matthew quitte sa tablette des yeux : les offres d’emplois attendraient, sa santé mentale était plus importante. Le parc était l’occasion pour lui de sortir cette poussette qu’il avait été si fier d’acheter. Il l’avait trouvé d’occasion à un prix raisonnable pour la marque et la qualité de l’objet : Matthew n’avait pas réussi à l’en empêcher. Depuis, Hanbin aimait promener fièrement la petite Lizzie dès lors que la météo et son emploi du temps le lui permettaient.

En position assise sur un petit plaid que la mère de Hanbin avait tricoté, Lizzie gazouillait, sa peluche renard dans la bouche. De ses grands yeux curieux, elle zyeutait tous les autres enfants et parents du parc.

De temps à autre, Hanbin s’amusait à croiser le regard de jeunes parents, intrigué par le curieux binôme qu’ils formaient avec Matthew. Il fallait dire que leur année de lycée n’était pas bien loin, que deux très jeunes hommes s’occupant d’un bébé n’étaient pas chose commune… Hanbin avait peu de doute sur ce que devaient bien penser les gens d’eux.

– Lizzie, regarde par ici ma chérie !

Gaga comme il savait si bien l’être, Matthew photographiait chaque instant de sa précieuse fille. À genoux, les bras tendus vers elle, il filma quelques secondes de sa fille qui souriait et Hanbin le vit sourire à son tour.

– Mets-toi à côté d’elle, je vais vous prendre tous les deux, lui proposa Hanbin.

Matthew lui lança presque son téléphone dans les mains et se plaça à côté de sa fille. Il la souleva avec facilité pour l’asseoir sur ses jambes et Lizzie émit un rire adorable. Il s’apprêta à appuyer sur l’écran quand il remarqua une jeune femme s’approcher. Visiblement attendrie, elle se pencha légèrement vers eux et leur adressa un sourire jovial.

– Vous voulez que je vous prenne tous les trois ?
– Oh euh…

Des photos avec Lizzie, Hanbin en avait beaucoup ; Matthew en prenait des tonnes. Mais des photos à trois ? Matthew lui fit signe de le rejoindre et Hanbin se colla contre eux, un peu gêné.

– Votre famille est adorable, s’exclama-t-elle.
– Je-
– Merci ! le coupa Matthew.
– Souriez !

Hanbin s’exécuta. Quelques instants plus tard, elle leur rendait l’appareil et Matthew la remercia chaudement. Il laissa Lizzie attraper le portable de ses petits doigts potelés et Hanbin essaya de ne pas stresser comme à chaque fois que cela arrivait.

– Je vais l’imprimer, lui glissa fièrement Matthew. Et avant que tu ne dises quoi que ce soit, si, tu es de sa famille.

Hanbin se sentit rougir légèrement et baissa les yeux vers la photo. Il pouvait le voir. Son cœur se pinça légèrement en réalisant qu’au fond, cette photo était tout ce dont il rêvait. Pas avec Matthew cependant. Son rêve de jolie petite famille était encore loin.

– Écoute, reprit Matthew. Je sais que je ne suis pas le mec de tes rêves, mais… Un jour tu auras cette photo avec l’homme parfait et vos gosses. En attendant… Merci d’être là pour nous.

Lizzie s’était éloignée d’un petit mètre à quatre pattes aussi, Hanbin en profita pour l’attirer contre lui et le serrer dans ses bras. L’ex de Matthew refusait toujours de les voir. Elle refusait d’accepter Lizzie chez elle. Plus les semaines passaient, plus Hanbin craignait de voir la justice débouler dans son studio pour tout arrêter : Lizzie avait toujours une mère et cette dernière avait toujours des droits sur elle. Mais après tout, savait-elle seulement où il habitait ?

Dans les instants comme celui-ci, il se prenait à oublier tout ça. Il serra son meilleur ami dans ses bras, refusant de le lâcher, profitant de ce contact qu’il aimait bien trop. Il s’apprêta à lui répéter qu’il l’aimait plus que tout, quand son cœur loupa un battement.

– Que…
– Bin ?
– Lizzie ! Lizzie est debout !

Matthew se sépara de lui et pivota, les yeux écarquillés, juste à temps pour voir sa fille debout, les bras levés, une expression de surprise sur son visage poupin.

– Oh mon dieu !! Je dois, je…

Matthew mélangea tous ses mots et Hanbin le vit fondre en larmes. Prenant les avances, il attrapa son téléphone et enclencha une vidéo, à l’instant où Matthew écarta les bras pour encourager Lizzie à revenir vers eux. Comme si elle était sa propre fille, Hanbin se sentit fier. Il eut un peu envie de pleurer, lui aussi. Il la regarda avancer avec lenteur et fragilité, un petit pas minuscule après l’autre puis s’effondrer dans les bras de son père qui n‘en revenait pas.

– Elle vient de marcher ! Hanbin !

Matthew souleva sa fille avec douceur, avant de l’embrasser sur le bout du nez, la faisant rire de plus belle.

Un peu plus loin dans le parc, un couple de parents leur adressa des sourires immenses et heureux.

 

 

            Le soir même dans le studio de Hanbin, Matthew resta les yeux rivés sur la vidéo de Lizzie et de ses premiers pas malhabiles.

– Matt, vient me donner un coup de main, il faut vraiment que je bosse mes cours.

Dans l’évier de sa minuscule cuisine, Lizzie s’agita et lui envoya de l’eau savonnée au visage. Il soupira, légèrement agacé. L’instant d’après, Lizzie rigola, lui faisant soudainement oublier qu’elle venait de tremper son visage et ses habits.

– Désolé désolé, souffla Matthew. Je prends le relai, va bosser.
– Je vais aller au café en bas de l’immeuble.
– Oh ?
– Je… J’ai vraiment besoin de calme.

Matthew le regarda avec un air interdit avant que son sourire immense ne reprenne le dessus.

– C’est chez toi ici, je finis son bain et je pars nous promener le temps dont tu as besoin pour travailler !
– Matt…
– Je suis sérieux, donne-nous cinq minutes !

Le cœur serré, il le regarda s’activer et préparer Lizzie en chantonnant. Hanbin jeta un regard par la fenêtre et fronça légèrement les sourcils en apercevant de fines gouttes de pluie sur les carreaux.

– Matthew, il commence à pleuvoir.
– Et ? J’ai une veste, sa poussette à une visière, tout est ok !

Hanbin savait exactement dans quel état d’esprit venait de se mettre son meilleur ami et le savait par avance : quoi qu’il dirait, sa décision de quitter l’appartement pendant des heures était prise. Il le regarda se presser légèrement, habiller Lizzie plus chaudement que durant l’après-midi et attrapa ses clefs.

– Envoie-moi un message quand tu as terminé, d’accord ?

Hanbin opina du chef en silence. Matthew n’avait pas quitté son sourire. Son stupide sourire qui faisait fondre absolument tout le monde, mais qui lui servait de plus en plus de façade plus les jours passaient. Il n’eut pas le temps de l’arrêter, de le convaincre de rester et lui de partir : Matthew referma la porte avec douceur, lui souhaitant bonne chance dans ses révisions.

 

 

            Les heures s’écoulèrent et ses révisions…. Eurent bien du mal à avancer. Les études n’avaient jusque-là jamais posées de problèmes à Hanbin. Il était un élève studieux, souvent dans les premiers de sa classe, avec une idée très nette de quoi serait fait son avenir. Il avait toujours rêvé de travailler avec les enfants et ne comptait pas abandonner dès la première année d’études supérieures.

Mais ces dernières semaines, les choses devenaient plus compliquées. Ses nuits étaient agitées, entrecoupées de pleurs, de stress, de discussion avec Matthew qui pouvaient durer des heures. Il partait étudier en pensant à Lizzie, à sa situation, à comment réussir à boucler le mois sans tomber complètement dans le négatif et sans alerter ses parents. Ses notes avaient commencé à chuter. Il n’en avait pas parlé à Matthew, avec la peur de le voir partir du jour au lendemain. Il devait tenir bon. Pour sortir de ce studio, exercer le métier de ses rêves et accueillir Lizzie dans sa classe, comme il l’avait promis à Matthew. Tu feras un prof en or, j’en suis persuadé ! Hanbin avait eu du mal à le croire au départ, mais tous les encouragements de son meilleur ami avaient fini par porter leurs fruits. Désormais, Hanbin était lancé et refusait d’envisager un échec.

Quand il regarda à nouveau l’heure sur l’écran de son ordinateur, il capitula. Il attrapa son téléphone et s’empressa d’essayer de joindre Matthew. Traîner dehors aussi tard avec un bébé n’était pas une bonne idée. Matthew ne tarda pas à décrocher et Hanbin s’efforça de le convaincre que sa session révision était achevée.

 

Matthew ouvrit la porte de l’appartement une dizaine de minutes plus tard. Lizzie était endormie et Hanbin le regarda la mettre au lit avec délicatesse.

– Tu as mangé Matt ?
– Oui oui, lui répondit-il en chuchotant. Je vais me doucher rapidement avant de me coucher !

Hanbin acquiesça et le regarda filer dans la pièce étroite qui leur servait de salle de bain. Le studio ne payait pas de mine, et sa salle de bain encore moins. Les toilettes étaient gluées à la douche, sans lavabo ou espace de rangement à leur disposition.

Matthew se glissa dans les draps après lui. Lizzie dormait toujours et Hanbin se permit d’espérer une nuit sans pleurs, calme et réparatrice : la première depuis des semaines.

– Matt, tu es gelé…
– L’eau était froide ce soir, marmonna-t-il.
– Putain, jura Hanbin. Le proprio craint, il m’a promis que l’eau chaude avait été fixée…

Matthew haussa les épaules. Il le sentit se rouler davantage en boule, prenant soin de ne pas trop tirer la couette pour le découvrir.

Quelques minutes plus tard, il entendit son ventre gargouiller. Une fois, puis deux. Hanbin se redressa légèrement dans le lit, les sourcils froncés.

– Tu n’as pas assez mangé ?

Pas de réponse. Nouveau gargouillis. Puis un pleur discret.

– Matthew ?

Inquiet, il alluma sa lampe de chevet et se pencha vers lui. Il avait enfoui sa tête dans l’oreiller, les mains sur son visage et le cœur de Hanbin se serra à nouveau.

– J’avais pas assez d’argent sur ma carte, bredouilla Matthew. Si je retombe en négatif mon banquier va me tomber dessus encore une fois… Lizzie avait encore faim, j’ai acheté pour elle d’abord.
– Matt, il fallait revenir !

Il regarda son meilleur ami se redresser à son tour et essuyer ses yeux d’un geste rageur de la main.

– Et foutre en l’air une nouvelle fois ta session de révision ? Certainement pas. Je sais très bien que tu galères Bin, je… je peux louper un repas, ça ne va pas me tuer.
– Hors de question, s’offusqua-t-il.

Il s’apprêta à quitter le lit quand Matthew le retint d’un geste.

– Reste là. Tu as payé les dernières courses, je ne piquerais pas dedans.
– On partage tout Matt.
– Je ne pourrais jamais te rendre la pareille Bin, jamais ! S’il te plait… Ne réveillons pas Lizzie. Je mangerais mieux demain.

Le visage crispé, Hanbin abandonna l’idée de faire chauffer de l’eau pour quelques pâtes. Il le regarda continuer d’essuyer des larmes qui ne s’arrêtaient pas de couler et l’attira contre lui avec douceur. Il essaya de gommer l’image de Matthew seul en pleine nuit, achetant de la nourriture pour bébé au détriment de son propre repas. Combien de fois l’avait-il supplié de contacter sa sœur ou ses parents pour l’aider un peu ? Matthew campait sur ses positions, mortifié à l’idée d’aller demander de l’aide aux parents qu’il avait rejeté alors qu’il avait été en couple, terrifié à l’idée de perdre sa fille. Hanbin avait beau lui promettre que jamais ils ne lui enlèveraient, l’idée qu’avait implanté son ex-compagne dans son esprit peinait à le quitter.

– J’ai postulé à un job pendant ma promenade, murmura Matthew au bout d’un certain temps.
– Je suis fier de toi Matt, lui répondit-il.
– Je voudrais faire des études aussi Bin, mais je… Comment je fais avec un bébé, hein ?
– Tu pourrais les reprendre en distance ?

Matthew acquiesça en silence.

– Tu veux me parler de ce travail ?
– Le patron m’a vu avec Lizzie. Je suis rentré, car j’ai vu l’affichette sur la porte et je lui ai demandé s’il cherchait toujours… Il ne m’a pas jugé Bin. C’est la première fois qu’un employeur n’est pas rebuté à l’idée que je sois seul avec un enfant à mon âge. Le job n’est pas dingue, je vendrais du poulet frit, mais…
– Mais c’est déjà un pas Matt. Un après l’autre.
– Imagine que je reste coincé là-dedans toute ma vie… Que Lizzie grandisse avec un père solo, qui vend des barquettes de poulets depuis ses dix-huit ans, imagine que je ne trouve pas d’appartement sympa pour nous deux, imagine que je-
– Eh, eh… Matthew, respire. Tout va bien aller. Je suis là.

Hanbin n’avait aucune envie de lui promettre un avenir qu’il peinait à concevoir lui-même. Pourtant, dans son éternel optimisme, il le fit. Il passa de longues minutes à le rassurer, à lui promettre que, quoi qu’il arriverait, rien ni personne ne parviendrait à les séparer. Matthew aurait sa vie heureuse avec Lizzie.

 

*  *  *

 

            Matthew lui demanda de l’aide pour rédiger son message. Il passa une bonne heure à le relire avec lui, essayant de le rassurer.

– Imagine que finalement, ils ne veulent plus me voir ?
– Matt, tes parents t’aiment. Ils n’ont jamais cessé de vouloir te voir et de connaître Lizzie.

Matthew acquiesça en silence.

– Et ta sœur… Ta sœur sera si heureuse.

Hanbin savait que les parents de Matthew n’avaient vu Lizzie que quelques jours avant qu’ils ne viennent habiter avec lui. Matthew avait quitté son ex, été retourné chez ses parents, avant de fuir finalement pour se retrouver ici. Il avait été pétrifié à l’idée que ses parents ne le rejettent eux aussi. Son ex lui avait implanté cette idée dans la tête, Hanbin le savait.

– J’envoie alors, marmonna-t-il.

Il regarda Matthew appuyer sur l’écran avec appréhension.

Puis, à peine deux minutes plus tard, Matthew reçut une réponse.
Il devina sa mère en larmes de l’autre côté de son écran. Ils étaient invités à dîner le soir même.

 

 

 

            Hanbin termina de « coiffer » les cheveux de bébé de Lizzie avec application. Devant la porte d’entrée de ses parents, Matthew se rongeait les ongles, nerveux.

– Tout va très bien se passer, voulut le rassurer Hanbin.

Pourtant, Matthew se retrouva comme incapable de sonner à la porte de chez ses parents.

– Tu veux prendre Lizzie dans tes bras ?

Le regard dans le vague, Matthew secoua la tête. Il resta planté devant la porte, nerveux, sans oser le regarder. Hanbin avait connu bien des aspects de son meilleur ami, mais celui-ci était tout nouveau. Matthew dissociait, incapable de se focaliser sur quoi que ce soit, rongé par le stress et la nervosité. Inspirant un grand coup, Hanbin s’approcha pour sonner lui-même à la porte. Dans ses bras, Lizzie agita ses petites mains vers Matthew, désireuse de rejoindre les bras de son père et Hanbin essaya de l’occuper en lui donnant son doudou.

La porte d’entrée s’ouvrit, et le visage fatigué du père de Matthew apparut.

D’abord, il eut l’air réellement surpris.

Comme s’il avait finalement cru que son fils ne viendrait finalement pas.

Puis, son regard se posa sur lui, et sur sa petite fille qu’il avait dans les bras.

L’espace d’un instant, Hanbin ne se sentit pas légitime d’être ici, de porter la fille de son meilleur ami contre lui.

Puis, toutes ses impressions furent balayées d’un revers de la main quand le père de Matthew s’approcha pour prendre son fils dans ses bras. Sentant les larmes lui grimper aux yeux, Hanbin se reprit et essaya de focaliser son attention sur autre chose que les deux hommes qui s’étreignaient devant lui.

Derrière eux, Yaebin apparut dans l’encadrement de la porte, lui faisant signe de s’avancer.

 

La mère de Matthew demanda à prendre Lizzie dans ses bras presque immédiatement. Hanbin la laissa faire et Lizzie ne protesta pas. Il fut incapable de passer à côté du soulagement dans son regard, de sa joie d’enfin avoir à nouveau dans ses bras sa petite fille qu’elle avait à peine connue.

Ce fut Yaebin qui lui fit signe d’approcher, et Hanbin s’exécuta. Il la suivit jusque dans la cuisine, à l’écart de Matthew et leurs parents.

– Je voulais te remercier, lâcha-t-elle finalement.
– Moi ?
– Je sais que tu es derrière l’initiative du message que nos parents ont reçu.
– Matt le voulait aussi, lui assura-t-il aussitôt.

Yaebin esquissa un sourire triste et Hanbin comprit : elle comme ses parents avaient eu si peu de nouvelles depuis des semaines et il avait été le seul à leur en donner. Sans doute ne le croyait-elle pas totalement.

– Il a honte, murmura-t-il.
– Je sais, je connais mon frère, mais ça… L’homme qu’il devient ce n’est pas lui.
– Donne-lui du temps, je te promets que Matthew va réussir.
– Et ça, j’en suis sûre. S’il accepte de nous laisser revenir dans sa vie, celle de Lizzie… Et grâce à toi. Tu es la raison pour laquelle mes parents parviennent à dormir le soir, parce qu’ils savent que tu veilles sur lui quoiqu’il arrive, et sur ma nièce.

Hanbin acquiesça en silence, touché.

– Ce soir n’est pas une exception, on reviendra de temps en temps.

Le sourire de Yaebin lui pinça le cœur, mais Hanbin décida de ne pas lui en promettre plus. Matthew avait à peine eu une date pour son entretien, avait légèrement changé d’avis quant à l’idée d’aller voir un professionnel pour parler de son ancienne relation… Le chemin était encore long à parcourir.

Pourtant ce soir-là, Hanbin eut envie de croire que les choses changeaient enfin, et pour le mieux.

 

*  *  *

 

            Les enfants grandissaient vite. Beaucoup trop vite. Quand Lizzie articula son premier mot, Hanbin fut présent. Quand elle souffla sa deuxième bougie également. Mais aussi quand elle prononça sa première phrase, dessina son premier bonhomme bâton, commença à râler à cause des couches, à avoir des bouclettes dans sa nuque, à l’appeler « papa » parce qu’il était tout autant présent que Matthew…

La mère de Lizzie était revenue elle aussi. S’en étaient suivis de nouveaux rendez-vous compliqués, des arrangements dans lesquels Hanbin avait été mentionné plusieurs fois. Hanbin le savait : quand bien même elle demeurait insensible à la vie de sa fille, elle ne supportait pas le savoir dans l’équation. Mais elle eut beau râler, pour la première fois depuis des années, Matthew ne se laissa pas démonter : jamais Hanbin ne serait écarté de sa vie.

Puis arriva finalement le jour où Matthew trouva un appartement. Hanbin l’avait visité avec lui, lui assurant que jamais il ne déménagerait à l’autre bout de la ville. Hanbin avait inspecté les murs, les finitions de la tuyauterie, absolument le moindre recoin de l’endroit pour s’assurer que Lizzie et Matthew vivraient dans un endroit convenable. Je t’aiderai pour la peinture sur les murs et pour meubler petit à petit, avait-il dit à Matthew.

– Bon eh bien, on y est…

La voix de Matthew était timide. Il serrait Lizzie contre lui, un sac de sport énorme et menaçant de craquer à ses pieds. Hanbin l’avait aidé à porter deux autres sacs et avec eux, Yaebin. La grande sœur de Matthew avait insisté pour être présente, pour voir l’endroit où son petit frère et sa nièce vivraient désormais. Matthew lui avait promis de l’y inviter à manger avec ses parents, une fois toutes ses affaires installées.

– Ça va être super ! s’exclama-t-elle d’une voix enjouée.

Hanbin tapota l’épaule de Matthew, comme pour l’encourager. Ce dernier lui lança un regard peu sûr de lui, si loin du Matthew qu’il était en permanence et avança dans la pièce à vivre.

 

Hanbin avait quitté son studio lui aussi. C’était ce qui avait poussé Matthew à prendre un appartement pour lui et sa fille. Ça, et son argument de « je ne vivrais pas toute ma vie sur ton dos Bin ». Hanbin avait essayé de le rassurer, mais la décision de Matthew avait été prise : son salaire était stable, il pouvait désormais payer un petit loyer et essayer de voler de ses propres ailes. Voyant Lizzie s’agiter dans les bras de son père, Hanbin la récupéra pour laisser le temps à Matthew de souffler.

Lizzie adorait être portée. Elle devenait de plus en plus lourde à mesure que les mois défilaient, mais Hanbin n’était pas encore prêt à renoncer au privilège de l’avoir dans ses bras.

– On va voir ta nouvelle chambre princesse ?

Lizzie le regarda avec de grands yeux brillants, agitant la tête dans tous les sens. Laissant Matthew et Yaebin en tête à tête, Hanbin s’avança dans le petit appartement. Matthew avait décrété que la plus grande chambre serait celle de Lizzie. Entre la sienne et celle de Lizzie, il n’y avait pas photo.

Avec douceur, il la déposa par terre et Lizzie resta gluée à sa jambe, ses petites mains agrippées à son jean.

– On va peindre les murs de la couleur de ton choix, ça te dit princesse ?

Elle acquiesça en silence.

– De quelle couleur tu veux tes murs Lizzie ?
– Violet.

Hanbin esquissa un sourire, peinant à imaginer toute la chambre peinte en violette. Il connaissait Matthew, son amour sans borne pour sa fille et son incapacité à lui dire non : la pièce allait finir violette. La chambre de Lizzie était de loin la pièce la plus propre de toute la maison. L’ancien locataire y avait laissé une armoire qu’il avait tenu à donner aux futurs habitants de l’appartement et les murs étaient les moins abimés de tout le logement.

Hanbin regarda Lizzie faire le tour de la pièce presque vide. Son regard curieux se posa sur l’armoire, puis sur la jolie fenêtre et Hanbin ne put s’empêcher de remarquer à quel point elle ressemblait de plus en plus à son meilleur ami. Lizzie était un modèle miniature de Matthew sous bien des aspects, mais la forme de ses yeux et toutes ses expressions étaient les ressemblances les plus flagrantes.

– Alors, tu aimes ta nouvelle chambre ? lui demanda Yaebin qui venait juste d’arriver.

Lizzie lui adressa un sourire immense et Hanbin les laissa toutes les deux, rejoignant Matthew qui venait de poser le sac de sport dans sa propre chambre.

– J’ai du boulot, marmonna-t-il.
– Et je me ferais une joie d’aider, Yaebin aussi.

Matthew lui adressa un sourire heureux et pour la première fois de la journée, Hanbin le sentit sûr de lui.

– Tu viendras nous voir souvent ?
– Évidemment Matt.
– Même quand tu auras trouvé ton prince charmant ?

Hanbin leva les yeux au ciel. Ce moment n’était clairement pas encore venu. Son prince charmant en question était visiblement bien planqué quelque part et n’avait pas l’air décidé à se montrer.

– Même quand j’aurais trouvé mon prince charmant, répondit-il tout de même.

Matthew l’attira contre lui et le serra fort dans ses bras avant de marmonner :

– Il faudra que Lizzie et moi l’approuvions.

Hanbin lâcha un rire amusé.

– Pitié, ne devient pas ce meilleur ami qui met des bâtons dans les roues à toutes mes relations… Sinon je te jure de faire la même.
– Oh, parce que tu penses que j’ai envie de remettre ça ? s’amusa Matthew, un sourcil arqué.

Hanbin le regarda avec des yeux ronds avant de réaliser ce que cela impliquait potentiellement aux yeux de son meilleur ami. Bientôt vingt-ans, des fiançailles au compteur, une petite fille… Oui, Matthew n’avait décidément pas la tête à recommencer quoi que ce soit.

– Crois-moi, mon ex m’a définitivement fait passer l’envie de trouver quelqu’un, ronchonna-t-il.

Matthew n’avait jamais appelé Madeline « mon ex » aussi, Hanbin se garda bien de tout commentaire sur elle. Pour la première fois depuis des mois, son ex était reléguée au placard et Hanbin se sentit soulagé.

– Rien ne presse, et si un jour l’envie te vient, je suis sûr que tu trouveras une personne géniale !
– Une personne que j’aurais rencontrée à mon boulot à tout hasard ? Comme ce type fan de bagnole qui me casse les pieds pour avoir plein de sauces qui ne vont pas ensemble à chaque fois ? Ou cette nana rigide comme du bois qui joue de la guitare au coin de la rue en pensant être une superstar ?

Hanbin le regarda un instant sans rien dire avant d’éclater de rire. Je suis sûr que non Matthew, tu auras mieux que ce que tu penses…, pensa-t-il. Mais puisque Matthew était dur à convaincre, Hanbin se retint d’essayer. Chaque chose en son temps.

– Je t’ai toi, j’ai Lizzie, ma famille… Je n’ai besoin de personne d’autre, ponctua Matthew d’un air fier.

Pour la première fois depuis des années, Hanbin en fut convaincu.

 

*

 

            Quand Hanbin referma la porte de son appartement ce soir-là, ce fut pour y trouver un calme plat et lourd. Il ouvrit son frigo avant de se souvenir qu’il avait oublié de faire les courses en revenant de chez Matthew.

De chez Matthew. Le penser, le dire lui faisait encore tout drôle.

Il soupira en attrapant un reste de la veille. Il remarque un sweatshirt appartenant à son meilleur ami sur son lit et esquissa un sourire ; sans doute avait-il oublié tout un tas d’autres choses chez lui. Il fit le tour de son appartement pour s’en assurer et fut étonné de ne trouver que deux trois choses lui appartenant.

Et puis… Hanbin attendit.

Il n’avait pas vécu seul depuis longtemps. Trop longtemps. Et désormais, le silence lui pesait. Il n’y avait plus Lizzie pour courir dans ses pattes ni Matthew pour chantonner à toute heure de la journée. Plus de rire, de cris joyeux, de Matthew collant ses post-it de couleur absolument partout dans l’appartement pour se souvenir des choses à faire durant sa semaine. Cela avait beau faire deux minuscules heures qu’il les avait laissés chez eux que déjà, Hanbin le regrettait.

Il repensa à son meilleur ami, peut-être en détresse dans son nouveau chez lui. Il l’imagina sur son matelas au ras du sol, incapable de trouver le sommeil, ruminant sur sa vie et sa situation actuelle et Hanbin sentit son cœur se pincer. Peut-être que Lizzie dormait mal elle aussi, dans une chambre qui n’était pas encore totalement la sienne. Par endroit le sol était plein de poussière et les fenêtres n’avaient pas encore de rideau… Hanbin se figea dans sa cuisine, se sentant devenir blême rien qu’en y pensant. Incapable de chasser ses images de la tête, il se dirigea vers l’entrée de son appartement et attrapa les affaires de Matthew au passage.

 

 

            Le trajet jusqu’à chez Matthew fut court. Ils n’habitaient pas si loin l’un de l’autre et Hanbin s’en félicita. Il grimpa jusqu’à l’étage où il résidait et inspira un grand coup avant de toquer à la porte. Peut-être que Matthew avait finalement trouvé le sommeil. Allait-il réveiller Lizzie ? Il se renfrogna, réalisant que le prévenir par message avant son arrivée aurait été une meilleure idée. Mais un éclat de rire derrière la porte le soulagea immédiatement. Quelques instants plus tard, Matthew ouvrit la porte. Il ne semblait ni triste, ni fatigué.

– Hanbin ?
– Salut, je… Tu avais oublié ça chez moi, répondit-il en lui déposant le petit sac d’affaires.
– Oh.

Matthew le débarrassa et déposa le sac juste à côté de la porte.

– Et je… Je voulais savoir si tout allait bien.
– Personne n’a encore foutu le feu aux murs, rigola Matthew.

Hanbin ne bougea pas d’un iota.

– Lizzie va bien et… attends, est-ce qu’on te manque déjà ?
– Non ! Enfin, un peu, mais… sans plus, se reprit Hanbin.

Matthew arqua un sourcil, amusé par sa réponse.

– Sans plus ?
– Oui, vous me manquez, mais je… Je ne suis pas venu pour ça !

Matthew leva les yeux au ciel et attrapa sa main, l’attirant à l’intérieur de l’appartement.

– Menteur va. Tu nous manques aussi.

Hanbin se sentit rougir un peu. L’appartement était presque lugubre ainsi, sans lumière autre que celle des éclairages publics en extérieur.

– Viens, Lizzie et moi sommes installés dans ma chambre.

Hanbin le suivit sans rien dire.

– Bon, c’est pas le grand luxe, mais Lizzie voulait dormir avec moi. Et puis, je ne veux pas la laisser seule dans sa chambre. Pas tant que… rien n’est fait pour rendre sa chambre accueillante. J’ai bidouillé un truc avec les affaires laissées par le proprio et ma sœur.

Le truc en question était tout à son image. Matthew avait tiré les trois seules chaises de son appartement dans sa chambre, utilisé un balai et le porte-manteau de l’entrée pour y tendre un drap au-dessus de leurs deux matelas.

– Lizzie, princesse, est-ce que Hanbin peut nous rejoindre dans la cabane ?

Immédiatement, la petite frimousse de Lizzie se dessina à l’entrée de ladite cabane et Hanbin esquissa un sourire. Matthew avait pensé à tout. À la lampe de chevet comme éclairage, à ses sweats qu’il avait rembourrés d’autres habits en guise d’oreiller, à son sac de sport servant de petite table pour son ordinateur portable…

– Tonton Hanbin !
– On regardait un dessin animé, ça te dit ? Bon, il faut un peu se baisser, mais une fois allongé, ça passe crème et-
– Avec plaisir, le coupa gentiment Hanbin, sentant les larmes lui monter aux yeux.

Il s’installa avec un peu de difficulté, blotti contre son meilleur ami et Lizzie qui insista pour se coller à lui.

 

Et soudain tous les tourments dans son cœur, ses préoccupations et l’angoisse qu’il avait éprouvée pour eux s’envolèrent. Hanbin se sentait bien. Matthew semblait heureux. Lizzie était aux anges. Tout était bien. Il avait paniqué bien trop vite, pour pas grand-chose. Matthew avait du chemin à parcourir, et il le savait. Mais ce soir ? Matthew semblait parfaitement savoir quoi faire.

Lizzie tendit sa petite main pour relancer le film et riva ses yeux sur l’écran minuscule de l’ordinateur.

– Matt ? chuchota-t-il.

Matthew tourna légèrement la tête vers lui, les yeux légèrement endormis.

– Je pourrais passer vous voir souvent, hein ?
– Évidemment…

Son soulagement ne passa pas inaperçu et le sourire de Matthew s’étira davantage. Matthew savait. Matthew savait qu’il n’était pas simplement venu lui rendre quelques habits et affaires. Encore et toujours, il s’en faisait pour lui, comme s’il peinait à quitter le rôle qu’il avait endossé pendant plusieurs années.

– Tu es le bienvenu ici quand tu veux. On est une famille, n’oublie pas.

Cela, Hanbin n’était pas prêt de l’oublier.

Ni ce soir ni le lendemain.

Ni le jour où il rencontra Hao et lui présenta Lizzie comme sa nièce.

Ni des années après, quand il réalisa que Matthew tombait amoureux à nouveau et qu’il s’en inquiéta, comme un grand-frère.

 

Parce qu’au fond, Matthew et Lizzie avaient toujours eu une place plus spéciale que les autres dans son cœur.

 

 

- This is our song when the sky so blue, fin.

Notes:

Merci de m'avoir lu !
Le prochain écrit de la série se concentrera sur Matthew/Taerae !! (j'ai hâte de vous poster ça même si je ne peux vous donner d'approximation concernant la date de publication... >.<)

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